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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 12:23

Ce matin, je me réveille avec le froid sur moi, ma nuit n'a pas été très bonne encore une fois. Je n'arrive pas à trouver une position confortable pour dormir dans mon hamac. Le jour se lève tranquillement, une cigale qui a élu domicile dans un arbre entre notre carbé et le fleuve commence à lancer son chant encore éraillé. Xavier nous rejoint et nous déjeunons tranquillement avant de nous préparer.  Comme chaque matin, une séance massage avec ma pommade magique sur mon bras endolori.

Aujourd'hui Xavier et Christophe ont décidé de redescendre un peu le fleuve en barque pour aller chasser un peu plus en aval. Nous prenons donc la barque et commençons à descendre le fleuve.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

2 urubus dominent la forêt perchés à la cime d'un arbre dont les dernières branches sont mortes.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Un peu plus loin nous décidons d'accoster, un gros tronc va nous permettre de remonter la berge pour atteindre la forêt. J'attrape mon arc et mon sac à dos et passe devant. Un arbre aux fleurs blanches parfumées domine l'endroit où nous avons accosté.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

J'attache la barque alors que mes collègues de chasse préparent leurs affaires. 

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Une fois les hommes, la chienne que nous avons prise avec nous et le matériel débarqués, nous commençons à élaborer le plan de la matinée. L'heure du retour est fixée à 15 heures, je partirai aujourd'hui avec Christophe et Olivier avec Xavier. La forêt ne semble pas très épaisse dans le secteur.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Nous attachons la chienne à un arbre près de la barque puis nous nous séparons et commençons à rentrer en forêt. Nous tentons de progresser dans les zones les plus dégagées pour éviter de faire du bruit et rejoignons un peu plus loin une crique partiellement asséchée.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

En descendant un talus abrupt pour traverser, je glisse et chute lourdement sur le dos en essayant de protéger mon arc. Je suis plein de terre. Nous rigolons un peu de ma chute avec Christophe avant de repartir. Nous progressons un instant dans la forêt, comme hier soir, Christophe me suit à distance mais la végétation devient très dense et trop bruyante. Nous décidons de contourner cet obstacle et rejoignant la crique asséchée toute proche.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Le problème est que les brindilles et les feuilles accumulées sous l'eau n'ont pas pourri et craquent maintenant comme des chips, je tente d'avancer sans faire trop de bruit mais c'est assez difficile. Au loin le hurlement à la mort de la chienne laissée seule à la barque retentit. Nous regagnons dès que possible la forêt et continuons à avancer en nous arrêtant régulièrement pour observer mais pas le moindre gibier en vue. Près de la crique, je trouve de gros fruits orange, certains sont plus gros que des pamplemousses et ont un parfum très agréable.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Je les montre à Christophe et nous décidons d'en ramasser quelques-uns pour les ramener au camp en espérant attirer des agoutis. Nous reprenons notre marche tranquille. Mon sac à dos alourdi par les fruits tire sur mes épaules et me gêne toujours autant, il s'accroche partout et me fait perdre patience. Nous trouvons beaucoup de fruits variés au sol dans cette partie de la forêt et pensons le coin bon mais pour le moment toujours pas de gibier. Je trouve quelques fruits de l'arbre à boulets de canon qui porte bien son nom. Certains sont rongés par les agoutis. Je ramasse un de ces fruits de la taille d'une boule de pétanque.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Une coque très rigide en bois constitue l'extérieur du fruit que seules les dents d'un rongeur peuvent entamer. La chute d'un tel fruit sur la tête d'un passant peut avoir de graves conséquences. Nous arrivons maintenant dans une zone de marais et de criques, des traces plus ou moins fraîches de maïpouris traversent les canaux asséchés, ces empreintes sont facilement reconnaissables d'une part par leur grande taille et d'autre part par le fait que le tapir est le seul mammifère de Guyane dont l'empreinte marque 3 doigts en forme de trèfle.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Les traces sont difficiles à suivre car elles ne marquent que dans les zones très humides au sol meuble, malgré son poids pouvant dépasser 200 kg, le tapir ne laisse pas beaucoup de traces ailleurs que dans ces zones au sol meuble. 

Nous suivons un petit moment le marais quand un mouvement près de mon pied attire mon attention sur une sorte de grenouille-feuille à peine visible sur le sol couvert de feuilles mortes et de débris de végétaux.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Le ciel commence à s'obscurcir, un peu plus loin le vrombissement de la pluie se fait entendre et un déluge s'abat sur nous. Plaquant immédiatement nos vêtements contre notre peau. Nous progressons maintenant dans une zone de lianes quand j'entends décoller un gros oiseau, j'ai juste le temps de l'apercevoir sans pouvoir l'identifier. Christophe m'annonce un hocco mais il est déjà haut perché et, alors que je cherche à l'apercevoir, il s'envole pour disparaître définitivement.

En avançant un peu plus loin, mes pieds se prennent l'un après l'autre dans des lianes et je pars tête la première vers un arbre que j'évite de justesse pour chuter lourdement au sol au milieu des lianes dans lesquelles je me retrouve emmêlé. Le temps de reprendre mes esprits et de vérifier que mon arc n'a rien pris, je me relève péniblement. Il pleut toujours mais l'averse se calme petit à petit. Nous sommes trempés et j'ai beaucoup de mal à sécher l'objectif de mon appareil photo heureusement étanche car je n'ai plus rien de sec pour l'essuyer pour prendre des photos. Je remarque au sol une branche couverte de champignons,

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

je n'ai pas vu un seul champignon pousser sur le sol depuis que je suis arrivé, il semble que les différentes espèces de champignons poussent toutes sur du bois mort. Un peu plus loin une nouvelle grenouille-feuille se trahit en sautant à coté de mon pied.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Nous partons maintenant vers les montagnes, ici le relief est bien plus escarpé que tout ce que j'ai pu voir jusqu'à présent. Sur ce secteur, il y également beaucoup de terriers mais impossible d'en voir les habitants.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Nous remontons à flanc de montagne vers des bassines à pakira qui n'ont pas été fréquentées de frais. Nous continuons toujours à faible allure en regardant bien autour de nous mais impossible de voir des animaux. En crête nous tombons sur un très gros tronc creux d'une vingtaine de mètres de long. Une très forte odeur semblable à l'odeur dégagée par une couleuvre à collier qui fait la morte envahit nos narines et un son ressemblant à un animal qui frappe le sol retentit. Je m'agenouille devant l'ouverture du tronc et éclaire l'intérieur, une grosse sauterelle verte et noire, plusieurs araignées-scorpions et des chauves-souris qui volent en tous sens, dérangées par le faisceau de ma lampe, colonisent cette cavité qui débouche à l'autre extrémité du tronc.

Nous descendons doucement dans un bas fond composé d'un grand marais. Le sol est couvert de petits palmiers qui poussent au pied de très grands palmiers. Toujours rien en vue, le grondement de la pluie revient et à nouveau un déluge s'abat sur nous. Nous décidons d'attendre un peu au cas où l'averse se calmerait rapidement mais nous finissons par reprendre notre chemin pour remonter à nouveau le travers d'une petite montagne assez pentue. Un beau papillon brun barré d'un gros trait orangé qui dessine une sorte de V sur le dessus de ses ailes vient se poser sur un arbuste devant moi. Je me mets à genoux

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014
Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

pour le prends en photo puis l'attrape entre mes doigts avant de le relâcher. Nous continuons à monter quand mes 2 pieds glissent en même temps et je m'écrase lourdement au sol face contre terre en protégeant mon arc tenu à bout de bras. Christophe qui pense que je me suis assommé se précipite pour m'aider mais je me relève seul couvert de boue couleur rouille.

Le temps passe et il va être le temps de revenir vers la barque. Christophe passe devant avec son GPS et nous revenons doucement vers notre point de départ. Dans un marais partiellement asséché, au pied d'un arbre à contreforts, je trouve les restes d'une tortue de terre dévorée par un félin.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Il n'a laissé intact que le plastron de l'animal. Des bouts de carapaces sont répartis autour et je ramasse le crâne de l'animal posé sur le plastron puis le repose à sa place et nous repartons.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Il n'a laissé intact que le plastron de l'animal. Des bouts de carapaces sont répartis autour et je ramasse le crâne de l'animal Ici aussi, nous trouvons de gros fruits orange, certains ont été mangés, l'animal n'a laissé que 4 gros noyaux qui semblent composer le cœur de chaque fruit. La pluie se calme. 

Tout à coup, alors que je suis empêtré dans des lianes accrochées à mon sac à dos et en train de pester après ce dernier qui ne cisaille les épaules depuis des heures et s'accroche partout, Christophe entend démarrer un tapir à environ 30 mètres de lui.

Une fois dégagé, je rejoins Christophe et nous tentons de suivre la piste de l'animal. Nous trouvons ses traces toutes fraîches dans un trou d'eau peu profond rempli par les grosses pluies de la matinée mais perdons vite sa trace sur le sol jonché de feuilles mortes. La végétation est très épaisse et nous peinons à avancer. Il nous faut souvent faire de gros détour pour trouver un passage plus praticable.

Christophe qui me précède bute dans un gros nid de guêpes et évite les piqûres en piquant un sprint alors que je reviens rapidement en arrière. Un nuage de guêpes me sépare de lui, il me faut faire un détour pour les éviter. Nous finissons par arriver à la barque et retrouvons nos collègues qui ont suivi à l'odeur les pakiras sans les voir. Olivier a à nouveau vu des perdrix. Il semble que la chienne, après avoir hurlé au perdu un moment, se soit libérée pour rejoindre Xavier qui a dû faire demi-tour pour la rattacher. Avant de monter dans la barque, je me rends compte qu'une sangsue se balade sur la boucle de ma ceinture, je la dégage rapidement avant de devoir la retiré de ma peau.

Nous retournons au camp tranquillement, je suis un peu démotivé. En arrivant nous mangeons un petit sandwich puis nous changeons pour mettre à sécher nos affaires trempées avant de faire une petite sieste avant le repas du soir. Au loin des craquements retentissent suivis d'un énorme boum. Un gros arbre vient de s'abattre au sol. Même sachant qu'il est loin c'est assez impressionnant.

Les vêtements mouillés en frottant sur la peau nous ont causé des inflammations assez douloureuses, plus ou moins importantes surtout sur la zone de frottement à l'entre cuisse.

Nous sommes tous fatigués et ce soir après le repas personne n'est motivé pour aller chasser. J'ai remarqué que mes encoches lumineuses des flèches sur mon carquois d'arc s'allument toutes seules depuis que nous avons pris la pluie. Christophe a passé un coup de bombe imperméabilisante dessus mais rien n'y fait. Je les éteins et elles se rallument très vite. Encoches lumineuses et fortes pluies ne font pas bon ménage. Un gros iule profite de la nuit pour visiter notre campement. posé sur le plastron puis le repose à sa place et nous repartons.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Nous partons nous coucher mais au milieu des bruits de la forêt le chant très intense d'un grillon se fait entendre et nous empêche de nous endormir. Christophe craque le premier et cherche autour du carbé. J'ai vu plusieurs grillons ces jours-ci sur les barres du carbé et pense qu'il s'agit de l'un d'eux mais Christophe n'arrive pas à trouver l'insecte bruyant. Le son est tellement fort qu'il ne lui est pas possible de le localiser. Je décide de me lever à mon tour et tourne un moment autour du carbé sans trouver ce grillon. J'aperçois, en cherchant, un beau gecko à tête orange dans un coin du carbé sous la bâche.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Tout à coup, en regardant par terre je l'aperçois au pied d'un pilier du carbé, c'est un grillon gris.

Chronique guyanaise, 2ième jour de chasse accompagnée, 27 mars 2014

Je ramasse la feuille sur laquelle il se trouve ce qui ne l'empêche même pas de chanter puis je le relâche un peu plus loin avant de retourner me coucher. Nous pouvons maintenant dormir, le doux parfum des fruits ramassés dans la forêt et déposé dans un angle du carbé flotte dans l'air, la mélodie des chants d'insectes et de grenouilles nous accompagnera dans notre sommeil.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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