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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 21:01

Ce matin, je suis invité à une battue sur la société de chasse de Justian-Roques-Lagardère, je suis comme souvent le seul archer. Pour la première traque je vais me poster au bord d'un petit chemin de terre qui rejoint un pré en traversant le fond d'un bois en forme de U. Je me poste près d'une grosse coulée qui traverse le chemin, reculé dans le bois pour me camoufler un peu. Les autres postés sont loin et je ne risque rien. A peine posté, un coup de feu retentit vers la route de Vic Fezensac. "Sangliers, sangliers..." 2 autres coups de feu retentissent. Mathieu, le plus jeune chasseur de l'équipe vient de tuer un petit sanglier d'une trentaine de kilos. 4 sangliers qui se débinaient ont traversé la traque alors que les derniers chasseurs étaient en train de se poster.

Après un petit moment de calme, les chien commencent à donner de la voie et viennent vers moi. Les geais s'envolent et me tournent autour en poussant des cris d'alerte. Le temps passe mais rien ne vient, la voie des teckels n'est pas constante. Alors que les aboiements se calment, un bruit de feuilles mortes retournées et piétinées se fait entendre, je me prépare mais ce sont les chiens qui sortent dans le pré sur ma gauche. Ils tournent un peu puis se remettent à donner et rentre dans le bois pour passer à 20 mètres de moi et descendre vers le fourré en dessous de moi qui longe sous la ligne à haute tension.

Ils semblent pousser et sortent sur le semé en bas du bois mais je n'aperçois rien devant eux, ils rerentrent au bois et donnent toujours de la voie. Les piqueurs arrivent et passent de part et d'autre de mon poste en attisant les chiens mais rien n'y fait, pas le moindre chevreuil. Alors que tout ce petit monde s'éloigne, des craquements se font entendre dans le bois de l'autre côté du chemin, ça n'est pas un teckel, je me prépare. Les bruits cessent puis reprennent au bout d'un moment, je suis prêt à armer mais c'est le labrador de Mathieu qui sort sur le semé sur ma droite, il a entendu la battue et est venu nous rejoindre.

Le calme revient et les 3 coups de fin de battue se font entendre. Je désencoche et quitte mon poste pour rejoindre les chasseurs sur la route de Polignac. Nous allons chasser de l'autre côté de la route. e président me conseille de reprendre mon poste où j'e me suis fait avoir par un magnifique brocard l'an dernier. Je pars rapidement me poster à pied avant que les autres chasseurs se postent au cas où ils m'enverraient quelque chose. je remonte au travers de la friche où poussent quelques petits chênes rabougris pour me poster sur la cassure d'un talus derrière de petits pins. Je suis près d'un carrefour de coulées très fréquentées dont une qui passe au pied d'un gros pin que les sangliers ont fait mourir à force de s'y frotter.

J'encoche et commence à examiner mes possibilités de tir quand un bruit de galop dans les feuilles mortes me fait accrocher mon décocheur. Je me retourne rapidement sur ma gauche et me prépare à armer mais j'aperçois rapidement un beau lièvre qui arrive ventre à terre et passe à 5 mètres dans mon dos pour filer vers une bande de bois plus bas sur ma droite. Il disparaît rapidement derrière une butte.

Les piqueurs attaquent par la droite de la route de Vic Fezensac et les teckels reprennent rapidement le lièvre à contre sens pour le lacer et le faire traverser la route de Polignac. Un chevreuil se débine et traverse la ligne de traque sans être tiré. La traque avance calmement, les piqueurs donnent de la voie mais les chiens ne semblent pas trouver grand-chose. Le temps passe et midi se rapproche quand tout à coup, les chiens lancent dans mon dos alors que je n'y croyais plus. Des coups de feu retentissent. "Renard, en bas, renard..." Je comprends que c'est pour moi et me retourne en me préparant à armer. Un magnifique renard déboule de la petite plantation de sapin sur le plateau au-dessus de moi, il passe ventre à terre sur ma droite et saute sous le talus pour bifurquer à 90°. J'arme mon arc et le met dans mon viseur pour le suivre Il passe derrière les petits pins qui me camouflent. Je les dépasse rapidement et attends le renard qui passe à 8 mètres à toute vitesse, la visée est alignée mais je retiens ma flèche car à cette vitesse un tir serait trop aléatoire.

Le renard file et je le perds de vue un peu plus loin. Un bruit de galop dans mon dos, je me retourne rapidement et aperçois un second renard qui me tourne le dos et file en sens inverse du premier pour plonger dans le bois et disparaître. Les chiens arrivent et se lancent à sa poursuite. Le premier renard qui est remonté sur le plateau au travers du bois est tiré et tué, le second traverse un pré sous le bois et 3 coups de feu retentissent. Blessé légèrement, il s'enferme au terrier avec 2 teckels à ses trousses.

La battue se calme, 3 chevreuils arrivent des vignes pour rentrer dans la traque. "Attention chevreuil..." Au cri, 2 font demi-tour et repartent dans la vigne, le troisième traverse la traque à toute vitesse et se heurte à la ligne du bas, les coups de feu claquent. Les râles du chevreuil se font entendre, il est à terre et sera rapidement achevé. La battue se calme à nouveau et la fin de traque est sonnée.

Nous regroupons en attendant que les chiens reviennent pour certains et sortent du terrier pour d'autres puis à la dernière minute, alors qu'il est déjà midi passé, une nouvelle traque s'annonce. Nous allons chasser les sapins sous le village de Roques. Je dois me poster sous le bois mais vu que les postes sont déjà pris le président décide de me poster sur le dessus du bois. Mon poste sera au bout d'une bande de pins entourée par une haie d’épines noires qui avance au milieu d'une friche. Je pars me poster et traverse les épines pour me placer dans une zone dégagée sous les pins avant une zone très fourrée. Je cherche un instant le compromis entre visibilité, possibilité de tirs et camouflage puis choisis mon poste.

Rapidement le labrador arrive dans les épines sur ma droite au-dessus de moi. A peine entré dans le fourré, il recule, chargé bruyamment par un sanglier. Le bruit me fait tourner la tête et j'aperçois un sanglier qui se débine sur 10 mètres environ pour se caler dans les épines dans mon dos. Les chasseurs postés le long des épines, sur ma droite, au-dessus de moi commentent bruyamment l'incident alors que je me rapproche tout doucement de l'endroit où j'ai vu le sanglier s'arrêter. J'arrive à quelques mètres de lui mais impossible de le voir, je cherche et cherche encore du regard mais n'arrive pas à y poser les yeux dessus quand le labrador revient derrière moi par l'intérieur du bois. Ma présence le remet en confiance et il s'avance vers le sanglier ce qui le fait bouger. J'arme mon arc, il fait 5 mètres dans les épines et s'arrête, je le vise mais je ne peux pas tirer à cause des branches. Il redémarre et fait encore 10 mètres mais toujours pas de fenêtres de tir puis il repart au pas et longe dans les épines en dessous de moi sans que je puisse décocher.

Je peste et reprends mon poste mais un peu plus à découvert au cas où. Rapidement un bruit de pas qui traverse les épines dans mon dos sur ma droite me fait me retourner. Je ne comprends pas tout de suite de quoi il s'agit et pense que l'un des chasseurs cherche le gîte du sanglier quand, au travers de la végétation, j'aperçois 2 grandes oreilles noires. Ce sont les sangliers qui se débinent. J'aurais dû me reposter là où je me trouvais au départ car de mon nouveau poste je ne peux pas tirer. Les sangliers s'avancent doucement pour sortir du bois puis le premier s'arrête, à moitié sorti des épines à peine à 10 mètres du posté qui se trouve à l'angle supérieur de la bande de bois. Un coup de feu claque et je perds le sanglier de vue. 2 autres jaillissent du fourré et foncent sur le découvert. Les coups de feu claquent. D'autres sangliers surgissent des alentours et zigzaguent à découvert alors que les coups de feu pleuvent.

D'autres sangliers restés gités dans les épines sur ma droite me passent dans le dos au galop, j'arme et me retourne pour viser tour à tour plusieurs sangliers mais ils passent trop vite et les branches ne me laissent pas de fenêtre de tir. Je ne sais plus vraiment combien viennent de passer mais ils semblent s'être arrêtés dans les épines, juste en dessous de moi. Les sangliers sortis à découvert se sont échappés mais l'un d'eux est blessé et peine à partir dans les vignes. Un des chasseurs se déposte et part tenter de l'intercepter.

Les discutions vont bon train alors que de petits craquements me font comprendre qu'une partie des sangliers est restée dans les épines en dessous de moi. J'annonce à voie hautes : "il y a encore des sangliers devant moi !". Le président appelle les piqueurs qui arrivent vers moi avec les teckels, étant placé au bout d'une bande étroite de bois j'espère voir revenir les sangliers. Un teckel arrive dans mon dos et passe au ras des épines sans rien flairer puis disparaît dans le fourré, peu de temps après la meute arrive et se met au ferme à moins de 30 mètres devant moi. Le combat est rude puis un démarrage... Au bruit, le sanglier semble gros, il vient droit sur moi et je me tiens prêt à armer quand je l'aperçois, il vient de sortir dans une zone dégagée et biaise en remontant vers la bande d'épines noires. J'arme mon arc et le suis, il s'arrête de 3/4 arrière et flaire au ras des épines, il a dû entendre les discutions des chasseurs et se méfie. Il est à 15 mètres environ, j'ajuste ma visée et décoche mais ma flèche est très en arrière, il me semble la voir toucher au niveau du cuissot. Surpris, le sanglier fonce droit vers la ligne de tir où 2 coups de feu croisés le stoppent sur place. N'ayant pas vu la scène et sachant ma flèche mauvaise je demande s'il est mort et on me répond que oui, je suis soulagé. Vu mon tir, je pense avoir un gros problème de viseur et décide de quitter mon poste pour rejoindre la ligne de tir dans la vigne. "Attention, je sors". Le sanglier est mort contre la vigne ma flèche a traversé un cuissot et un testicule, rien de mortel.

Alors que j'inspecte ce gros mâle, les chiens se remettent à donner mais c'est une laie suitée et on demande de ne pas tirer, malheureusement elle sortira seule bien plus loin sur la ligne du fond de traque et sera abattue. Je ne comprends pas ce qui s’est passé avec mon arc, et peste mais arrivé chez moi je vais me rendre compte que mes réglages repris la veille avaient été faussés par le tir d'une lame légèrement voilée, je n'ai plus qu'à tout reprendre.

 

Alex  

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commentaires

cyril 20/12/2011 13:22

heureux d'avoir de tes nouvelle alex
ont attend la suite de ton récit avec impatience

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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