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La chasse à l'arc étant une chasse de proximité, elle implique pour l'archer chasseur d'approcher ou de se faire approcher suffisamment pour pouvoir placer sa flèche et tuer proprement son gibier.

L'approche étant parfois quasi impossible, l'appel se révèle être une bonne alternative

L'approche étant parfois quasi impossible, l'appel se révèle être une bonne alternative

Une bonne connaissance de la nature et des animaux est un atout sérieux pour la réussite d'une telle chasse et c'est en observant le comportement du gibier qu'on apprend à le chasser. N'ayant jamais eu personne dans mon entourage proche pour m'expliquer les rudiments de la chasse j'ai dû apprendre beaucoup de choses, tout seul, sur le terrain en essayant encore et encore pour savoir quoi faire pour attirer tel ou tel animal à portée de mon arc. Le langage animal est aussi divers en fonction des espèces que complexe, il n'est pas seulement basé sur des émissions sonores mais aussi sur un langage corporel et olfactif (je ne développerai pas ce dernier ici), appeler un gibier ne sera donc pas forcement synonyme d'usage d'un appeau bien que cette technique aura une place importante dans mon article. Les animaux sont tous différents mais ils ont en commun les mêmes besoins vitaux muent par des instincts qui peuvent les contraindre à s'exposer au danger. Ainsi l'archer devra savoir profiter de certains comportements de son gibier, plus ou moins développés suivant les espèces, pour le faire venir à lui :

L'instinct de reproduction :

Sous nos latitudes tempérées, il existe en général une période de rut pour la plupart des animaux, elle diffère suivant les espèces mais entraîne pour toutes les espèces une baisse de vigilance, une recherche du sexe opposé et parfois un regain d'agressivité chez les mâles.

L'instinct de défense du territoire :

Pour la reproduction ou pour des besoins alimentaire certaines espèces défendent leur territoire contre les membres de leur espèces ou d'autres espèces.

L'instinct maternel :

Chez certaines espèces les femelles sont capables de défendre leurs petits au péril de leur propre vie.

Instinct maternel de la chevrette est très développé

Instinct maternel de la chevrette est très développé

L'instinct de prédation ou plus généralement alimentaire:

Les prédateurs à la recherche d'une proie se servent de tous leurs sens pour la repérer. Chez les herbivores on peut croire que seuls les 3 premiers instincts peuvent être utilisés mais j'ai appris en Guyane que le bruit de la chute d'un fruit au sol peut faire venir un animal frugivore. A la période de certains fruits le bruit de leur chute au sol peut attirer un gourmand alors que le même bruit en temps normal aurait tendance à l'inquiéter, il en ira de même sous nos latitude avec les espèces se nourrissant des fruits saisonniers.

L'essentiel dans ces techniques d'appel est de savoir quand et comment les utiliser et de s'adapter à l'espèce convoitée. Je n'ai pas la prétention de connaître toutes les techniques existantes pour faire venir le gibier mais je vais essayer de partager mes connaissances et quelques expériences dans cet article. Ces techniques d'appel sont beaucoup plus développées à l'étranger et font parfois appels à une technologie avancée (appareils électroniques par exemple) non autorisée en France métropolitaine. En Guyane mon ami Xavier est capable d'appeler sans appeau un grande partie des animaux chassables grâce à des techniques d'appel sonore que je commence à maîtriser également.

Le chevreuil :

Période de rut : mi juillet- mi août

Période de chasse Française : avril à fin février (diffère suivant les départements)

  • Tir d'été (avant l'ouverture générale de septembre) : Généralement seuls les mâles sont tirables mais certains départements autorisent le tir des chevrettes.
  • Tir d'hiver (après l'ouverture générale et jusqu'à la fermeture générale) tous les âges et sexes sont tirables.

La chevrette :

L'instinct maternel très développé chez la chevrette qui réagit à l'appel du faon (surtout aux cris plaintifs) presque toute l'année sauf en période de gestation (hors diapause embryonnaire) entre janvier et mai. Elle peut s'interposer face à un prédateur (chien, renard, sanglier) ou une machine agricole pour défendre son petit.

On peut imiter les cris du faon grâce à plusieurs appeaux vendus dans le commerce ceux que je connais le mieux pour les avoir utilisés sont le Buttolo et le Rotumtaller qui sont extrêmement efficaces en été mais aussi en hiver. Les chevrettes arrivent très souvent au grand galop dès les premiers appels réalisés grâce à l'appeau et peuvent venir de très loin. Le rythme des appels importe peu mais les appels plaintifs et traînant en longueur, voir les cris très longs sont généralement les plus efficaces surtout en été et début d'automne. Les chevrillards qui au début de leur vie se cachent au départ de leur mère la suivent souvent par la suite quand elle vient vers les appels, on peut ainsi appeler la chevrette à partir de l'ouverture générale pour flécher les chevrillards.

Chevrette venue au Buttolo

Chevrette venue au Buttolo

On pourra également imiter ces cris plaintifs grâce à un brin d'herbe ou une feuille coincée entre les 2 pouces et sur laquelle on soufflera ensuite. Le chois du végétal influera beaucoup sur la qualité du son produit, il faut privilégier les feuilles ou herbes souples, les plus fines et les moins nervurées possible.

L'appel du gibier
Appel à l'aide d'une herbe coincée entre les pouces

Appel à l'aide d'une herbe coincée entre les pouces

On peut également imiter le petit piaulement d'un faon se signalant à sa mère en soufflant par petits à-coups entre les lèvres serrées et gonflées par la pression de l'air dans bouche. Cette imitation est moins efficace et souvent perceptible de moins loin pour la chevrette mais peu la tranquilliser ou éveiller sa curiosité à faible distance pour la faire bouger un peu si le tir n'est pas possible à cause de la végétation par exemple.

La chevrette, très protectrice avec son ou ses faons, vient parfois plusieurs fois de suite vers les appels, même après avoir identifié le danger. Elle présente également une curiosité développée sur les formes non identifiées, plus marquée durant la période de rut mais ce comportement peut se rencontrer durant le reste de l'année. Le fait de se ramasser en boule près du sol, la chevrette n'identifiera pas cette forme inhabituelle et peut parfois se rapprocher même très près pour l'observer.

En hiver, c'est une vielle femelle qui mène généralement les regroupements de chevreuils qui la suivent si cette dernière vient lors d'appels à l'appeau. Les femelles les plus sensibles aux appels sont des chevrettes ayant déjà mis bas et celles suitées ou ayant perdu leurs chevrillards.

Leur instinct territorial est peu développé mais les combats de chevrettes à coups de tête dans les flancs sont possibles en présence d'un brocard, comportement observé sur le terrain. Les chevrettes peuvent venir sur l'appel de la chevrette à l'appeau (Plus rare que sur l'appel du faon).

 

Le brocard :

L' instinct de la défense du territoire est le plus développé et associé aux périodes de rut (2 périodes annuelles de rut possible). Son comportement devient alors très agressif envers les autres mâles qu'il ne tolère plus sur son territoire qu'il délimite avec des marquages odorants et visuels (frottis et gratis). Il réagit alors régulièrement à l'aboiement (imitation du cri d'un autre brocard réalisé à la voix sans appeau). Plus le brocard est puissant, plus il aura tendance à réagir à cet appel qui sonne pour lui comme une provocation. Cette imitation marche très bien en début de saison de tir d'été quand le brocard finit de délimiter son territoire et d'en éloigner ses rivaux et pendant le rut quand le brocard est en compagnie d'une chevrette et veut la défendre des avances d'un autre brocard. L'aboiement ne doit pas être trop puissant pour laisser croire au brocard qu'il a une chance de battre son rival car l'aboiement est souvent un avertissement et les brocard se toisent à la puissance de leur aboiement. Si le brocard juge son rival trop puissant, il préférera la fuite à l'affrontement et l'aboiement aura alors un effet non désiré. Généralement, les brocards ne se font pas avoir plusieurs fois de suite par ce stratagème. Il faut tout de même se méfier car un brocard peut (cas rares) vous charger et tenter de vous encorner pour défendre son territoire.

Le marquage du territoire est souvent bruyant (grattage a sol, branches secouées ou grattées ou cassée). On peut donc reproduire ces sons en grattant le sol à la main ou avec le pied ou en secouant à la main un arbuste ou une branche basse. Le frottement d'un bout de bois sur un tronc ou une branche peut aussi faire venir un brocard soucieux de défendre son territoire. Si le brocard est en vue, on peut aussi cumuler ces imitations avec l'aboiement pour l'énerver d'avantage et le pousser à la faute.

L'instinct de reproduction : Durant le rut (parfois un peu avant et un peu après), déclenché par les chaleurs des chevrettes, le brocard est à l'affût des femelles et réagit très bien aux imitations de cris de ces dernières grâce aux différents appeaux. Certains sont plus ou moins techniques et permettent un panel de sons plus ou moins important. J'utilise principalement le Buttolo depuis plusieurs années et le Rotumtaller depuis 2016.

Appel au Buttolo en bordure d'un tournesol

Appel au Buttolo en bordure d'un tournesol

Ces 2 appeaux permettent de moduler les sons émis mais le second plus technique à utiliser permet une plus large gamme d'appels dont la sonorité est plus proche de celle des appel naturels (il existe un DVD très bien fait pour apprendre à s'en servir). Pour le Butollo, j'utilise principalement les appels brefs, le problème de cet appeau est que de l'un à l'autre le son peut beaucoup varier et l'appel plus ou moins grave sera perçu comme un appel de chevrette ou de chevrillard. Le brocard peut réagir à ses 2 types d'appels mais sera plus sensible à l'appel d'une chevrette qu'à celui d'un chevrillard bien qu'à cette période de l'année, la présence de chevrillards lui indique celle d'une femelle et sa curiosité pourra le pousser à s'approcher. Le Buttolo permet aussi d'imiter l'appel d'une chevrette désirant s'accoupler. Pour réaliser ce son, il faut presser doucement la poire pour l'enfoncer à moitié avant de finir de l'enfoncer brusquement, ce son peut parfois faire venir un brocard indifférents aux appels brefs (un ami a fait venir un brocard qu'il a pu flécher en octobre avec ce type d'appels). On peut également imiter les petits piaulements émis par la chevrette poursuivie par le brocard en émettant de petits appels brefs très rapprochés ce qui peut provoquer une réaction fulgurante d'un brocard jusque là insensibles aux autres appels car pensant qu'un rival s'occupe d'une des chevrettes de son territoire.

Jeune brocard venant au Buttolo

Jeune brocard venant au Buttolo

Une période de rut secondaire en hiver (premières chaleurs de certaines jeunes femelles de l'année) peut parfois pousser des brocards, alors en velours, à venir au son des appels de la chevrette imités grâce à l'appeau. J'ai eu quelque fois le cas.

Souvent en couple lors du rut et du pré-rut, il suit généralement sa chevrette si cette dernière vient à l'appeau. Si les appels qui sont destinés au brocard ne donnent rien, il faut donc essayer le registre plaintif d'un faon qui fera très souvent venir la femelle. La période d'ovulation d'une chevrette étant très courte, le brocard la quitte rarement dans cette période et viendra rarement à l'appel de l'appeau s' il est en compagnie d'une chevrette en chaleur qui elle viendra également difficilement à l'appeau durant cette courte période où elle abandonne généralement ses faons livrés à eux mêmes pendant de longues heures pour rester avec le brocard. Il est beaucoup plus facile de faire venir un brocard isolé surtout les jeunes à l'appeau entre le 20 juillet et le 25 août.

Durant le rut, sa curiosité est très développée sur les bruits et les formes statiques ou en mouvement non identifiés. Cette curiosité peut encore exister durant le reste de la saison de chasse mais sera moins fréquente. C'est ainsi qu'on voit souvent un brocard revenir après avoir fuit un tir manqué pour identifier ce qui vient de le frôler et à frappé le sol ou venir droit vers un archer qu'il a vu sans identifier ce qu'il était. Cette curiosité s'explique surtout par la recherche d'une partenaire et l'agressivité envers les intrus du même sexe durant la période de reproduction où la recherche d'autres chevreuils en hivers au moment des regroupements. Durant le rut, j'ai même vu des brocards éraflés légèrement revenir furieux pour en découdre avec leur assaillant non identifié.

L'appeau est très efficace lors d'une poursuite ou après un combat de brocards, le dominant laissant vite son rival pour venir droit sur les appels imitant les cris de la chevrette.

En hivers, les brocards peuvent venir sur l'appeau en suivant une chevrette venant sur les appels. Dans le cas où le brocard est accompagnée d'une chevrette ou d'un groupe, il est donc préférable appeler de façon à faire venir la chevrette qui viendra plus souvent que lui.

 

Le cerf :

Période de rut : mi septembre – mi octobre

Période de chasse française : septembre à fin févier (voir arrêtés départementaux)

Cerf :

Instinct de défense du territoire très développé seulement pendant le rut, hors de cette période les cerf se rassemblent en hardes de mâles et de biches et jeunes. Je ne connais pas de technique permettant de faire venir un cerf hors de cette période de rut. Il s'attribue alors une place de brame et un territoire qu'il défendra contre ses rivaux parfois dans des combats impressionnants et très bruyants. Les bois qui s'entrechoquent s'entendent de loin et attire parfois un cerf plus puissant ou un cerf satellite pensant profiter du combat qui occupe 2 cerfs dominants pour tenter de saillir quelques biches de la harde. Il doit être possible de faire venir des cerfs en entrechoquant des bois comme le font les américains avec le cerf de Virginie.

Combat de cerf audible de loin, il peut attirer un autre cerf

Combat de cerf audible de loin, il peut attirer un autre cerf

Il répondra également aux provocations des autres mâles. Si on se trouve sur le territoire d'un cerf dominant, une imitation de raire ou de brame, à l'appeau ou à la voix, peut le faire venir.

Appel du cerf durant le brame

Appel du cerf durant le brame

J'utilise rarement ces techniques mais j'ai pu constater que le brame est très efficace de loin, au moins pour faire répondre les cerfs et pouvoir les localiser alors que les raires sont plus adaptés pour faire venir un cerfs plus proche qui viendra aussi parfois au brame. Attention car autant les accidents avec les brocard sont rares autant le cerf, conscient de sa force et très agressif durant le brame, peut attaquer et causer de graves blessures voir tuer un chasseur imprudent, il ne faut donc pas jouer trop avec lui.

Il viendra aussi sur le bruit d'un bout de bois frotté contre un tronc ou dans les branches imitant un cerf marquant son territoire à grand coups de bois dans la végétation.

Imitation du marquage du territoire pour les cervidés cerf et chevreuil

Imitation du marquage du territoire pour les cervidés cerf et chevreuil

A vue, l'agitation d'un arbuste aura le même effet. Mon ami Patrick dans les Pyrénées en a fait l'expérience, nous avions repéré un beau 14 cors en bordure d'une place de brame couverte de fougères, n'ayant pas le bracelet pour ce type de cerf, nous décidons tout de même de réaliser une approche pour nous amuser. Le vent pris je tente une approche directe alors que mon ami part de son côté sans que je le vois partir. J'avance doucement dans les genets jusqu'à rejoindre un bouquet de houx derrière lequel je me cale pour observer le cerf qui est à environ 50 mètres au bord du bois. Entre 2 brames, il ravage la végétation en balançant sa tête basse dans les fougères et les genets qu'il propulse en l'air à chaque fois qu'il redresse vivement la tête. Patrick s'est calé derrière un autre houx à environ 30 mètres sur ma droite et lance un raire grâce à son appeau. Immédiatement, le cerf cherche la provenance du bruit et un second raire lui fait prendre le galop pour venir s'arrêter juste devant moi alors que j'ai armé mon arc au cas où, seul les houx me séparent de ce magnifique animal dont la fureur est palpable, naseaux ouverts et regard fixé vers Patrick, il ne s'occupe pas de moi. Un nouvel appel le fait démarrer et foncer sur mon ami. Le cerf s'arrête à 10 mètres de Patrick et le cherche, ce dernier pensant le faire fuir se met alors à secouer le houx devant lui mais cette manœuvre finit d'énerver le cerf qui s'avance menaçant vers lui. Je suis trop loin pour tirer si les événements tournent mal. Voyant que le cerf ne reculera pas Patrick sort alors en criant et en agitant les bras de sa cachette mais le cerf mettra plusieurs secondes avant de se décider à tourner les talons et à s'éloigner.

Sa curiosité sur les formes inhabituelles dans son paysage familier est aussi très développée et alors que d'ordinaire il fuirait sans chercher à identifier l'intrus, il peut alors se rapprocher même très près si le vent vous est favorable pour vous identifier, il faut rester immobile, baissé ou debout avec les bras et jambes serrés pour éviter d'être identifié comme une silhouette humaine. J'ai ainsi été approché par plusieurs cerfs.

Cerf curieux venu à 6 mètres identifier un bruit

Cerf curieux venu à 6 mètres identifier un bruit

A cette période, il base beaucoup sa perception sur la vue et une forme de la couleur d'une biche ou d'un autre cerf peut l'attirer, porter des vêtements brun roux peut être un atout. La tâche blanche de l'arrière train peut certainement aussi être utilisée, j'ai visionné sur le net une vidéo incroyable d'une archère américaine se servant de sa culotte blanche, son pantalon baissé sous les fesses pour approcher, penchée en avant et à reculons des bighorns mâles dont l'arrière train est blanc et pouvoir ainsi en flécher un qui ne s'était pas méfié de cette tache blanche prise pour l'arrière train d'un congénère. Dans le DVD de Tom Miranda (« Super slam ») son guide fait venir des caribous en agitant un torchon blanc rectangulaire qui imite la tache blanche de l'encolure du caribou mâle et en imitant son cri à la bouche.

Biche :

je ne connais pas de technique permettant de faire venir une biche ou son faon. Je n'ai pas constaté d'instinct maternel très développé chez cette dernière qui aura tendance à fuir au premier danger contant sur l'endurance de son jeune pour la suivre. Les biches plus sur la défensive que les cerfs lors du brame ne sont pas aussi curieuses et une forme non identifiée aura plus tendance à les faire fuir qu'à éveiller leur curiosité.

 

Le mouflon et le chamois :

Période de rut (octobre - décembre)

Période de chasse française : ouverture générale à fin février (voir arrêtés départementaux)

J'ai peu chassé ces animaux mais j'ai tout de même remarqué que, pendant le rut, les mâles de ces 2 espèces pouvaient venir même au galop lors de chute de pierre ou d'un bruit de pas pour identifier leur provenance, pensant qu'il pourrait s'agir d'une femelle. C'est ainsi que j'ai tué mon chamois à l'arc lors du seul séjour de chasse que j'ai réservé à cette espèce. Alors que je progressais doucement sur un pierrier, au pied d'une falaise, un pas mal assuré a provoqué la chute d'une grosse pierre dont les chocs successifs sur les autres rochers, sur environ 100 mètres m'avaient fait penser que tous les chamois du secteur ayant entendu se raffut serait partis au loin. Alors que j'attendais un instant sans bouger, un petit bruit me fit tourner la tête vers un monticule rocheux à environ 25 mètres dans mon dos, un magnifique chamois mâle balayait le secteur du regard pour identifier la provenance du bruit mais mon mouvement le fit déguerpir. Lors de mon dernier jour de chasse, je repère un chamois venant vers moi à environ 60 mètres en sous bois, je me suis coulé doucement pour me poster sous une petite barre rocheuse de 15 mètres de long et 3 mètres de haut pensant que le chamois qui semblait prendre la coulée longeant le fort de la barre allait venir passer juste à dessus de moi mais, à mi chemin, il se décida à bifurquer pour remonter en s'éloignant de ¾ arrière. Ne pouvant pas bouger sans être vu et la distance et les arbres m'interdisant un tir, je décidais de tenter le tout pour le tout et ramassais une pierre que je jetais dans la pente. Immédiatement, le chamois fonça sur moi au galop et s'arrêta plein travers au bout de la barre à environ 10 ou 12 mètres. Sa zone vitale était cachée par un arbre mais j'avais déjà armé mon arc et attendais qu'il s'avance. A ma grande surprise, il se tourna face à moi et me vint dessus en regardant alternativement le dessus et le dessous de la barre rocheuse pour venir se faire tirer de face à 4 mètres devant moi et tomber foudroyé sur place.

La vue de ces animaux de montagne habituée aux paysages dégagés est très bonne à longue distance mais assez mauvaise de près et il est courant de les voir présenter une curiosité important pour les formes sombres non identifiées à courte distance (30 mètres maximum) surtout en milieu forestier.

Le chamois perd toute sa méfiance pendant la période de rut

Le chamois perd toute sa méfiance pendant la période de rut

Le sanglier :

Période de rut principal mi-novembre à mi-janvier, mais reproduction toute l'année

Période de chasse française : avril à fin mars (voir arrêtés départementaux)

C'est un animal qui se regroupe très souvent en hardes composées d'animaux de tous âges et de tout sexes. Plus que de les attirer certains bruits peuvent les tranquilliser et permettre de les approcher (mastication bruyante et pâteuse, grognement, couinement, souffles), en groupe ils sont peu sensibles au bruit de pas, de branches cassées … provenant de leur entourage proche car ils les identifient comme provenant d'un congénère.

En groupe les sangliers sont très bruyants et peu attentifs aux bruits proches

En groupe les sangliers sont très bruyants et peu attentifs aux bruits proches

Le sanglier est omnivore et peut être un prédateur redoutable pour tout ce qui ne court, ne rampe ou ne vole pas assez vite pour lui échapper c'est ainsi que j'ai vu venir ces suidés à l'appel de mon Buttolo alors que je chassais le chevreuil. Ils viennent généralement sur les cris du faon pensant pouvoir en faire un petit casse croûte. J'ai vu venir aussi bien des mâles solitaires que des laies suitées de marcassins ou de bêtes rousses. J'ai aussi réussi à intriguer un sanglier occupé à fouiller des andains de foin et à le faire venir un peu, malgré ma position à découvert, en imitant les cris de souris en appuyant mes lèvres sur le dos de ma main.

Certains sangliers reviennent vers un compère blessé qui se débat au sol en criant, j'ai pu observer ce comportement avec 3 gros sangliers me faisant face à moins de 10 mètres sans vouloir partir alors que je m'apprêtais à achever un sanglier touché à la colonne vertébrale qui se débattait au sol sans pouvoir se relever en criant. Il m'a fallu insister un moment en criant et en avançant vers eux pour les faire partir. Il sont d'ailleurs revenus plusieurs fois avant de se décider à s'éloigner définitivement.

Mâle :

En solitaire, il est très méfiant car attentif à son environnement qui n'est pas perturbé par l'activité de ses congénères. Il existe plusieurs appeaux à sanglier dont je n'ai pas pu prouver l'efficacité, je ne les ai pas souvent essayé et n'ai jamais eu de résultat avec. De plus, le sanglier utilise beaucoup plus son odorat que les autres ongulés et la communication entre individus éloignés se fera plus part l'odeur que des cris d'appel.

Femelle :

Son instinct maternel est très développé, elle n'hésite pas à attaquer un prédateur ou à l'homme s'en prenant à ses petits. Il semble que l'appeau imitant le cri d'un marcassin en détresse soit efficace mais je ne l'ai jamais essayé dans la nature.

Sa curiosité envers les formes non identifiées est assez développée l'été où je me suis fait plusieurs fois approcher de près par des laies suitées, nez au vent pour tenter d'identifier ce que j'étais. Certains chasseurs savent faire venir les compagnies en imitant les sons émis par une laie ce qui fait venir la laie dominante et la compagnie à sa suite. Ce n'est pas mon cas.

Le ragondin :

Le ragondin n'a pas de période de rut définie, les accouplement ont lieu toutes l'année, Les femelle sont fécondable juste après la naissance des petits. Il existe tout de même un pic d'accouplements au printemps surtout après des hiver froid qui auront tué les jeunes.

Période de chasse français : toute l'année (voir arrêtés préfectoraux)

L'instinct de la défense du territoire est peu développé en dehors du terrier, à l'intérieur de ce dernier les ragondins d'une même famille ne tolèrent pas les intrus de leur espèce et les chassent rapidement dès leur entrée dans le terrier. Les ragondins répondent ainsi parfois à l'imitation du grondement sourd d'un ragondin à l'entrée de leur terrier et en sortent pour identifier l'individu.

L'instinct de reproduction est par contre très développé chez cette espèce. Les mâles moins casaniers que les femelles se déplacent parfois sur de longues distances à la recherche d'une partenaire et peuvent se battre pour elles, ce qui les pousse à venir à ce grondement sourd imitant un adulte pour identifier et sexer l'individu. Le plus efficace des appels est l'imitation du cri du petit ragondin, plus aigu que celui de l'adulte car un ragondin mâle peut venir même de loin (jusqu'à 100 mètres environ d'après mes observations) en entendant ce cri pensant trouver une femelle potentiellement réceptive à ses avances près de ses petits.

L'instinct maternel est très développé. Les cris de détresse (cris aigus et plaintifs répétés) d'un petit ragondin peuvent faire sortir de son terrier ou venir une femelle suitée non approchable. J'ai identifié ce comportement suite à des mauvais tirs sur des petits ragondins qui se plaignaient en voulant se dégager de la flèche. Leur mère venait très souvent les aider. Attention car elle peut alors parfois vous attaquer à coup de dent et infliger de belles blessures. Je me suis fait charger par un énorme ragondin alors que j'étais posté sur un banc de graviers, devant son terrier que je n'avais pas vu sous la végétation tombante et tentais d'appeler avec des cris de petit ragondin blessé un autre ragondin plus en amont du ruisseau, ce dernier a tapé vivement dans ma chaussure montante sans réussir à me mordre avant de retourner, aussi vite qu'il en était sorti, au fond de son terrier pour se mettre à gronder son mécontentement.

Avec ou sans appel, on peut également agiter l'eau à l'aide de sa main, son pied, une branche ou sa flèche, cette agitation aiguise la curiosité des ragondins qui viennent parfois voir sa provenance. Je me suis aperçu de ce comportement en me lavant les mains ou ma flèche au bord des cours d'eau ou des points d'eau après un tir.

Agitation de l'eau à l'aide d'une flèche pour faire venir les ragondins

Agitation de l'eau à l'aide d'une flèche pour faire venir les ragondins

J'ai observé récemment un comportement que je ne m'explique pas encore et doit pouvoir être exploité. Un ragondin d'environ 4 kg fléché mortellement (atteinte foie poumons) qui saignait abondement, se débattait en se plaignant, sur un talus à 1 mètres au dessus de l'eau et 2 mètres d'un terrier quand un autre ragondin de la même taille à surgit de ce terrier et s'est précipité sur son congénère qu'il à mordu de façon agressive et vivement secoué jusqu'à le sortir de la flèche. Les 2 animaux sont ensuite retombés à l'eau et sont rentrés au terrier. Est ce une tentative de sauvetage ou une agression ? Vu que le ragondin est sorti du terrier pour se jeter sur son congénère, il est en tout cas sûr que ce sont les cris qui ont provoqué ce comportement puisque le ragondin sorti du terrier n'aurait pas pu localiser son congénère autrement.

 

Le renard :

Période de chasse à tir française : Même période que pour le chevreuil (voir arrêtés départementaux)

Période de rut : janvier à mars

L'instinct de prédation est le seul que j'ai su exploiter pour l'instant mais je pense que les instincts de défense du territoire et l'instinct de reproduction pourrait être également utilisés car durant le rut les renards mâles parcourent leur territoire en poussant un cri caractéristique trisyllabique et j'ai vu plusieurs fois des mâles renards se poursuivre, l’imitation de ce cri peut attirer un mâle rival comme peut être les sonorités émises par les renardes. Ne maîtrisant pas du tout de telles techniques, je me contente de jouer sur l'instinct de prédateur du renard qui est un bon chasseur mais aussi un vrai opportuniste. Certains sons le feront venir au grand galop. Le renard venant ainsi ne se sert que de ses oreilles et de ses yeux et peut parfois négliger son odorat, venant parfois très près même à mauvais vent comme hypnotisé par les appels. Il existe de nombreux appeaux plus ou moins efficaces imitant les cris de ses diverses proies (souris, lapin, lièvre, chevrillard), ce sont souvent des cris imitant un animal en détresse qui sont utiliser car le renard bien que bon chasseur ne dédaigne pas les proies faciles, ils peuvent venir de plusieurs centaines de mètres en réponse à de tels appels.

J'ai ainsi fait venir des renards en chassant le chevreuil avec mon Buttolo en imitant le cri du faon en détresse pour tenter de faire venir une chevrette. Le renard vient souvent moins vite qu'en imitant les cris d'animaux plus petit très certainement moins confiant sur la taille de l'animal qu'il va rencontrer et sa capacité à l'achever.

La technique que j'affectionne le plus et avec laquelle j'ai de très bons résultats et la technique dite du « cri souris » le son émis ne ressemble pas vraiment à un cri de souris mais plus à celui d'un lapin ou d'un rat en détresse. Pour émettre ce son j'ai 2 techniques que j'utilise respectivement suivant l'éloignement du renard. Pour les longues distances (jusqu'à plusieurs centaines de mètres par vent faible), je pose mes lèvres sur le dos de ma main au milieu du passage des tendons et aspire par à-coups de l'air tout en bougeant mes doigts. Les mouvements des doigts entraîne le mouvement des tendons et la modulation du son que l'on peut intensifier plus ou moins suivant la force de l'aspiration. Pour les courtes distances, j'aspire juste de l'air entre mes lèvres pincées, le son émis est moins fort mais permet d'appeler avec son arc armé.

Une autre technique permettant de faire venir les renards consiste à frotter un bout de polystyrène sur du verre, le son émis se rapproche un peu de celui émis avec la technique précédente.

Appel du renard avec les lèvres posée sur le dos de la main

Appel du renard avec les lèvres posée sur le dos de la main

Le blaireau :

Période de chasse à tir française : Ouverture générale à fermeture générale (voir arrêtés départementaux)

Période de rut : février à mars

Comme pour le renard, je n'ai jamais tenter d'attirer un blaireau en jouant sur les vocalises de l'espèce ce qui est peut être possible. Je ne chasse généralement pas cette espèce en l'appelant mais j'ai déjà fait venir involontairement quelques blaireau en tentant de faire venir une chevrette avec le cri du faon en détresse. Je n'ai par contre pas eu de bon résultat avec le « cri de souris ».

L'instinct de prédation du blaireau est beaucoup moins développé que celui du renard, c'est plus un animal opportuniste qui glane sa nourriture au gré de ses rencontres, il peut parfois tout de même est un prédateur efficace mais viendra que très rarement de loin à une stimulation sonore jouant sur cet instinct prédateur. Je n'ai eu que 2 fois le cas, un matin, en plein jour où un blaireau est arrivé au galop d'une distance de plus de 100 mètres alors que j’appelais une chevrette avec un brin d'herbe entre les pouces. Il m'a senti hors de portée de tir car je n'étais pas à bon vent. Un autre blaireau, sortant d'un roncier est venu se planter devant un terrier de ragondin alors que je tentais d'en faire sortir ses occupants en imitant des cris de petit ragondin blessé, ce dernier n'a pas eu autant de chance que son prédécesseur.

Blaireau venu sur l’imitation des cris de petit ragondin

Blaireau venu sur l’imitation des cris de petit ragondin

Les autres petits carnivores :

La plupart des petits carnivores, chassables ou pas viennent au cris de la souris et parfois (beaucoup plus rare) sur les cris plaintifs de faon. J'ai ainsi fait venir des fouines, martres, putois, chats, genettes ou vison d'Amérique en tentant de faire venir un renard ou en appelant un de ces petits carnivores à vue avec la technique dite du cri de souris.

 

Alex

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Alex Alex.bowhunter

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

http://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

Bonne visite, Alex

LA CHASSE A L'ARC

HISTOIRE DE LA CHASSE A L'ARC :

LA CHASSE A L'ARC DANS LE MONDE :

ANATOMIE DU GIBIER :

LE TIR DU SANGLIER A LA COURSE :

LES INDICES APRES LE TIR :

 

LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

GERS 32

ORIO ADRIEN :

06 86 70 89 28

LASBATS CHISTINE : 

06 45 35 50 42

 

FORUMS SPECIALISES :

 

 

SITES UTILES

 


 

Albums

CHARC Magazine

Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
Réaction du chevreuil après le tir
Recherche au sang sans chien
La chasse du ragondin à l'arc
L'appel du gibier
Après la chasse, le souvenir...
Emotions canadiennes

 

FOURNISSEURS