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13 février 2018 2 13 /02 /février /2018 06:17

Cela fait presque 2 mois que je n'ai pas mis les pieds dans les Pyrénées pour laisser mon ami Patrick tenter de fermer le bracelet de C1 que Xavier nous a laissé en septembre. J'ai appelé Patrick hier soir et il m'a dit que la neige avait presque toute fondue et qu'il avait vu un daguet juste à côté de chez lui dans la matinée. En partant, j'hésite à prendre ma tenue camo-neige et décide finalement de ne prendre que la veste au cas où. Alors que je suis en route depuis 30 minutes, je reçois un SMS de Patrick qui m'annonce qu'il neige fort, je regrette de ne pas avoir pris ma tenue complète mais il est trop tard pour faire demi-tour. Je commence à voir les premiers flocons avant le rond-point de Lannemezan. Alors que je prends la déviation de Labarthe de Neste, la neige s'intensifie et à mi-chemin de la déviation je dois fortement ralentir car la route blanchie. Je croise un peu plus loin la saleuse. Il neige à très gros flocons au rond-point de Hèche.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Le reste de la route se fera au ralenti. En arrivant à Sarrancolin, je décide de me garer au bas du chemin de la Soule déjà couvert de quelques centimètres de poudreuse. Je fais demi-tour pour me mettre dans le sens du départ au cas où puis me prépare, enfile ma veste blanche et prends mon arc avant de partir à pied, alors qu'il fait encore nuit, sur la route sous l'averse de neige qui ne semble pas vouloir se calmer.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Au bout de la première ligne droite, je contourne une habitation par la droite pour rejoindre la prairie derrière cette dernière. La luminosité commence à croître et le blanc immaculé du paysage me permet déjà de voir à bonne distance. Je monte le talus derrière l'habitation pour voir au-dessus dans le pré, pas d'animaux. Je suis le talus pour arriver au bord du bois.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je suis une grosse coulée et m'avance dans le bois. La pente sur ma gauche devient très raide jusqu'à une petite bande de pré et une grange, au bord du ruisseau qui coule bruyamment en contrebas. J'avance lentement en surveillant les alentour et en essayant de na pas glisser car la neige recouvre un sol complètement détrempé. Je remonte peu à peu vers une piste conduisant à une grange abandonnée, toujours pas d'animaux. Je reviens un peu vers le pré puis remonté le talus puis la pente douce au milieu des fougères couvertes de neige pour rejoindre un talus très raide de plusieurs mètres creusé par une coulée très marquée que j'emprunte pour remonter jusqu'à la piste du dessus. J'avance maintenant tranquillement sur cette piste en surveillant le paysage, à la recherche d'une tache fauve.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Un peu plus loin, je m'avance doucement, caché par le talus à ma droite pour tenter de surprendre un animal au milieu de la plantation de chênes américains qui remonte jusqu'à la route, un peu moins de 100 mètres plus haut. Rien et rien non plus sur la piste qui descend d'un petit pré au bord du virage de la route. Je suis la piste principale qui remonte chez Patrick, la neige s'arrête de tomber par moment mais le paysage et couvert d'environ 15 cm de poudreuse qui étouffe mes pas.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

J'avance tranquillement quand un léger bruit me fait tourner la tête à droite et me figer. Une grosse biche et son faon surgissent de sous un buis et se plantent à environ 10 mètres. Elle ne comprend pas ce que je suis et met un moment à se décider à s'éloigner en contournant le buis. Elle stoppe au-dessus de moi à environ 20 mètres en attendant son faon qui met un peu plus de temps à réagir mais fini par la suivre. Ils remontent presque sans bruit en biaisant vers la route dans mon dos, faisant tomber la neige des branchages sur leur passage. Je me remets en marche et tombe un peu plus loin sur des traces toutes fraîche qui suivent le chemin. Je suis cette piste en observant les alentours, la taille des trace me fait penser qu'il s'agit du cerf mais un peu plus loin la piste plonge dans la pente, sur la gauche, en dessous du chemin vers une zone de végétation dense. Je poursuis en direction de chez Patrick dont l'habitation commence à se dessiner au-dessus des arbres dans le brouillard qui enveloppe maintenant se paysage de coton.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je passe sous la cabane où je dors en septembre pendant le brame et rejoins le chemin qui passe en haut du pré situé juste après l'habitation. C'est là que Patrick a vu le daguet couché hier matin. Rien en vue, je prends la piste qui remonte dans les bois, au-dessus du jardin pour rejoindre le dessous de chez le voisin de Patrick

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Rien en vue, je prends la piste qui remonte dans les bois, au-dessus du jardin pour rejoindre le dessous de chez le voisin de Patrick. J'avance doucement sur la piste quand je me fait surprendre par un grand cervidé qui broute, de 3/4 face, les bourgeons et les chatons des branches basses d'un noisetier, sur la droite, au sommet du talus qui surplombe le chemin à juste 3 mètres de moi. Je me fige. Je ne vois pas sa tête, il broute tranquillement et ne m'a pas vu. J'espère voir des bois quand, tout à coup, le cervidé devient inquiet, il arrête de brouter et dégage sa tête. Je vois alors 2 dagues sur sa tête mais il ne me laisse pas le temps de réagir et démarre pour disparaître dans les noisetiers. J'aurais dû armer mon arc mais je n'aurais pas eu le temps de décocher de toute façon. Je m'avance tout doucement, voûté derrière le talus en espérant l'apercevoir à nouveau. J'ai à peine fait 5 mètres que je l'aperçois, à ma grande surprise il s'est remis à manger les bourgeons à environ 12 mètres du talus. Les branchages me le masquent un peu et j'avance encore un peu pour me dégager une fenêtre de tir mais il s'avance un peu et je dois encore avancer. Il est bien dégager maintenant, entrain de brouter de cul à environ 10 mètres. J'arme mon arc et aligne ma visée, espérant le voir se tourner. Le temps passe et je comprends qu'il y a peu de chances qu'il se mette plein travers. Il se décale un peu et me présente un 3/4 arrière assez fermé. Je décide de prendre ma chance, je vise en avant du cuissot et décoche. J'entends l'impact sans voir mon atteinte et le daguet démarre en trombe pour descendre en biaisant vers le chemin sur lequel je suis. Je le perds vite de vue et ne vois pas s'il saute le chemin après le virage à environ 20 mètres, caché par les arbres.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je le perds vite de vue et ne vois pas s'il saute le chemin après le virage à environ 20 mètres, caché par les arbres. Le silence s'installe, j'attends un peu puis décide d'aller voir l'endroit du tir. Je ne trouve pas de sang à l'endroit du tir mais la direction de fuite est bien visible. Les sabots ont soulevé les feuilles mortes sous la neige.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je ne vois pas de sang, je suis la piste sur quelques mètres et trouve des micros gouttelettes de sang gelées dans la neige.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

A quelques mètres, une petite touffe de poil plein de sang est tombée dans la neige.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je fais demi-tour et reviens à l'endroit du tir pour attendre un peu puis décide d'avancer un peu sur le chemin pour tenter de trouver l'endroit où le daguet a sauté. La traversée est à peine marquée mais la piste de feuilles retournées est bien visible sous le chemin.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

N'étant pas sûr de ma flèche, je décide de ne pas attaquer ma recherche tout de suite mais alors que je regarde dans la direction de fuite du daguet, il me semble voir une patte levée au pied d'un buisson. Je la fixe et me rends vite compte qu'il s'agit de mon daguet qui est tombé environ 30 mètres plus bas. J'encoche une flèche et m'avance doucement. Il est couché sur le flanc, plein travers et me présente le ventre.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je m'approche doucement prêt à armer car je ne sais pas s'il est vraiment mort. Ma mauvaise expérience avec le faon m'a rendu prudent mais alors que je ne suis plus qu'à quelques mètres, je reste un moment immobile à l'observer. Il ne respire pas et reste immobile.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je finis de m'approcher et le touche. Il est bien mort, je dégage la partie empennage de ma flèche restée en travers de l'animal. Le côté lame s'est cassé et est introuvable. Ma flèche rentre dans l'avant du cuissot et sort dans l'épaule opposée en traversant la panse, le foie et les poumons. Il me faut aller chercher Patrick qui a le bracelet avant de pouvoir le déplacer. Je retourne donc chez Patrick alors qu'il se remet à neiger fort. Une fois chez mon ami nous discutons un peu autour d'un chocolat chaud puis prenons la luge et de quoi pendre le daguet pour le peler et le vider. La neige a effacé les traces du daguet et heureusement que j'ai mémorisé l'endroit de sa mort. Je prends le bracelet et l'appose puis, sur les conseils de Patrick, tire ma prise vers le bas pour tomber sur une piste que je n'avais pas vu à 5 mètres en dessous. Je le traîne ensuite vers chez Patrick jusqu'à trouver un arbre pour le pendre. Je fais quelques photos souvenir avant de le vider.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Aidé par mon ami, je le pends puis le vide et le dépèce avant de le découper. 2 voyages avec la luge seront nécessaires pour le ramener chez Patrick. Alors que je remonte en discutant à voix haute, vers chez Patrick, en tirant le premier voyage de viande, j'aperçois, sous les pommiers à à peine 30 mètres du portail du gîte, 80 mètres devant nous, un animal dont la tête est masquée par les branches basses. Je pense d'abord à un chevreuil et l'annonce à Patrick mais nous nous rendons vite compte qu'il s'agit d'un daguet qui ressemble comme un jumeau au mien. Il nous regarde un peu après avoir dégagé sa tête puis pars dans la pente pour rejoindre le bois en bas du pré. C'est très certainement celui que Patrick a vu hier. Je finis de monter mon premier voyage de viande.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je repars seul chercher le reste, les corbeaux sont déjà affairés sur la peau et les viscères et s'envolent à mon arrivée. Je récupère le reste de la carcasse et la tête puis retourne chez Patrick. Ma compagne viendra me rejoindre pour manger au restaurant de Patrick et nous finirons la journée par une belle balade en montagne, sous un soleil radieux et auront la chance de voir pas moins de 15 animaux

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

dont une biche couchée, en train de ruminer, que Mélina approchera à 18 mètres, sans éveiller son attention.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Alex

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commentaires

Larran Gregory 05/04/2018 07:23

Toujours aussi extra! Je me régale encore une fois à te lire! Quel instinct de chasseur!
Merci pour le partage, la qualité du récit et les superbe photo ;-)

C'est marrant, je suis passé la-bas le 8/9 février et en observant la montagne je pensais à tes chasses...

Amicalement,
Gregory

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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