Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 11:25

Ce matin, il pleut, je pars pour Sarrancolin où j'espère flécher mon cerf, Patrick m'a demandé de fléché son faon si j'en ai l'occasion. Je prends le chemin de la Soule et me gare au départ du chemin qui dessert le hameau de maison au-dessus de chez Patrick  puis me prépare tranquillement avant de partir en chasse à la pointe du jour. J'avance doucement sur le chemin en surveillant les deux côtés de ce dernier sans voir d'animaux puis arrive au hameau. J'hésite à passer en dessous des maisons par un chemin enherbée mais je serais trop à découvert, je prends donc entre les maisons mais une lumière s'allume au-dessus de moi, je poursuis mon chemin mais du bruit me fait me retourner. Les voisins de Patrick m'observent du haut de leur terrasse, je les salue d'un geste de la main, mais, ne m'ayant pas reconnu dans la légère pénombre, ils m'interpellent pour me demander ce que je fais là. Je leur réponds que je chasse à l'arc et ils s'excusent de m'avoir interpellé mais le mal est fait, les animaux qui ne devaient être qu'à moins de 100 mètres ont dû nous entendre. Je leur souhaite une bonne journée avant de reprendre mon chemin. Juste après les maisons, je quitte le chemin principal et bifurque à gauche pour remonter par une grosse coulée au milieu des buis qui passe au-dessus des prés et va me permettre d'avancer à couvert jusqu'à une belle combe. J'avance doucement en faisant des pauses pour observer et écouter mais pas le moindre animal en vue. La combe atteinte je la traverse pour remonter doucement vers une crête rocheuse qui remonte assez raide vers un chemin de randonnée environ 300 mètres plus haut. Je commence mon ascension en surveillant alternativement les 2 côtés de la crête, toujours rien. Arrivé au chemin, je décide de le descendre. J'avance doucement quand j'aperçois une chevrette au gagnage dans un pré au-dessus du chemin sur ma gauche. Je décide de tenter l'approche, la pluie et le vent couvrent ma progression, je me colle contre le talus très raire, de plusieurs mètres de haut, qui borde le chemin et le longe pour arriver en dessous de la chevrette sans difficulté. Elle broute tranquillement, je commence à remonter le talus très raide et arrive à me caler contre un gros frêne, à environ 15 mètres de la chevrette, un peu en dessous de la cassure du terrain. Je surveille la chevrette quand, brusquement, un brocard, que je n'avais pas vu, surgit d'un peu plus haut et détale pour s'arrêter à environ 45 mètres pour regarder vers moi. Sa fuite fait démarrer la chevrette qui le rejoint puis il se débine dans le bois et je les perds de vue.

Je reprends ma descente sur le chemin, un peu plus loin, j'ai juste le temps d'apercevoir le cul d'un chevreuil qui disparaît en rentrant dans le buis alors que je passe un virage du sentier. Encore un peu plus loin, je stoppe net en apercevant du mouvement au-dessus du chemin. Je me serre contre le talus abrupt de près de 2 mètres qui longe la gauche du sentier et observe. 2 chevrettes s'avancent dans les noisetiers à environ 15 à 17 mètres au-dessus de moi. Patrick a également un bracelet de chevreuil et il a besoin d'un animal pour ce weekend ou le prochain, j'hésite un peu. Les chevrettes avancent doucement en glanant quelques bouchées au sol. Les conditions de tir sont difficiles, la pente est très prononcée. L'un d'elle relève brusquement la tête et regarde un instant vers moi puis se remet à manger. Les deux chevrettes se chamaillent un peu et rentrent dans les noisetiers plus à ma droite avant de faire demi-tour. La première passer un peu vite et s'arrête partiellement masquée par des noisetiers, la seconde s'avance tranquillement en mangeant, j'arme doucement mon arc, elle s'arrête de 3/4 arrière à environ 12 mètres. J'aligne ma visée et décoche mais ma flèche tape l'arrête du talus et ma flèche se plante entre les cailloux. Les chevrette démarrent sur quelques mètres, regarde vers moi un instant puis se débinent et disparaissent dans le bois. Je monte récupérer ma flèche, elle est morte, l'adaptateur de fixation de ma lame a reculé sous l'impact et a ouvert ma flèche comme une banane sur 5 à 10 cm. Je la remets aux carquois et reprends ma descente. Je rejoins les habitations du bout du chemin de la Soule sans voir d'autres animaux, il pleut toujours et je suis trempé, je décide de rejoindre le sentier pierreux qui part vers le col au-dessus de la ferme de Panets. Je descends par un chemin enfoncé entre les prés à ma gauche, souvent cachés par une haie de buis et de frênes et ceux à ma droite qui laissent vite place à un bois remontant vers la crête.

Je rejoins plus bat le passage au ras de la ruine qui me permet de remonter vers le sentier pierreux un peu plus haut à ma gauche. Une fois ce dernier rejoint, je le suis doucement jusqu'à une crête rocheuse qui descend du pas des cerfs vers le bas de la Soule et bifurque pour la suivre tranquillement au milieu des buis et des chênes entrecoupés de petites clairières herbeuses. Je descends doucement en faisant de nombreuses pauses observatoires mais rien ne bouge, il est plus de 9 heures et les animaux doivent être presque tous couchés. Je passe au-dessus de la grange de Tahouens et rejoins la vielle palombière dont ne subsistent que quelques taules rouillées attachées à la crête rocheuse. Je décide de redescendre vers le massif de buis en contrebas en suivant une grosse coulée très fréquentée. J'avance tout doucement en m'arrêtant souvent pour observer mais le secteur semble bien calme. Je traverse doucement les buis et arrive à moins de 10 mètres de la lisère qui borde le fond de la combe dégagée avant le penchant boisé qui remonte en face. Je stoppe et observe devant moi quand mes yeux se posent sur un faon, plein travers, orienté dans le sens de la montée, en train de se gratter derrière l'oreille avec sa patte arrière droite. Je ne vois pas d'autre animaux à proximité de lui, j'arme doucement mon arc et aligne ma visée sur l'animal. Sa position peu académique me fait hésiter un peu et le faon en profite pour redémarrer. Il fait quelques pas et stoppe à nouveau plein travers. Seul le bas de son corps est visible à cause des branchages, j'aligne ma visée en me baissant un peu et décoche. Ma flèche le traverse trop en arrière et se fiche au sol, il démarre mais c'est une très grosse biche que je vois partir sur ma droite et un affreux doute m'envahit mais un mouvement furtif me fait tourner la tête à gauche. Quelque chose est partie en sens inverse et a disparu aussitôt derrière les branchages. La pluie commence à s'intensifier et je décide de ne pas attendre avant d'aller inspecter ma flèche. Elle ne porte aucune trace de sang et a déjà été lavée par la pluie, pas de sang non plus au sol, ça commence mal. Je pars dans la direction de fuite estimée du faon vers la gauche sans rien trouver sur 30 mètres malgré des zigzags pour couvrir une bande assez large. Je pars ensuite dans la direction de fuite de la biche au cas où et c'est alors que j'aperçois mon faon. Il est tétanisé, les pattes écartées à environ 40 mètres dans la pente au-dessus de moi. Mon entrée de flèche trop en arrière laisse apparaître un pli d'intestin bouchant la plaie. Je me fige et l'observe, il regarde vers moi. Les secondes passent mais il ne semble pas vouloir tomber, je décide de tenter une approche. Je me décale un peu, très lentement pour aligner quelques gros arbres entre lui et moi pour tenter d'approcher le plus à couvert possible puis je remonte tout doucement vers ces derniers dans la pente assez raide. Je gagne peu à peu du terrain et alors que j'arrive au dernier gros arbre avant les 20 mètres de découvert qui me séparent encore de mon faon, il tente de repartir, vacille, trébuche, se rattrape, vacille encore puis se couche. Cette position peu stable dans la pente le fait rouler sur le dos puis glisser dans cette position jusqu'à venir se caler dans des branchages contre un gros arbre. Sa tête se pose lentement au sol et il s'immobilise ainsi, les 4 pattes en l'air, les pattes avant repliées sur son poitrail.

Je reste un moment sans bouger mais ne le voyant plus bouger et le pensant mort, je remonte tranquillement vers lui. Arrivé à 3 mètres de lui, il n'a toujours pas bougé et semble effectivement mort mais une petite voix me dit de lui décocher une seconde flèche. J'hésite un instant puis me dit que de toute façon c'est fini pour lui. Je pose mon arc et attrape ses pattes arrières mais c'est alors que l'impensable se produit. Il commence à se débattre et se remet debout sur ses pattes avant alors que je tiens toujours ses pattes arrière. Il me secoue en tous sens en criant et je me cramponne mais il commence à prendre la pente et me traîne sur le sol mouillé et glissant sur environ 30 mètres. En arrivant sur le replat au fond de la combe, je reprends un peu d'adhérence et parviens à le retenir alors qu'il rue pour m'éjecter toujours en criant. Je tiens bon et le tire plusieurs fois violemment en arrière pour tenter de le faire tomber et parviens après plusieurs tentative à le coucher sur le ventre. Je m'appuie alors sur son dos et tente de le maintenir au sol. J'ai oublié mon couteau et n'ai d'autre choix que d'attraper une grosse branche pour tenter de l'assommer mais je me manque et il m'échappe. Il se redresse et fonce en suivant la combe pour s'arrêter 50 mètres plus loin, en bordure des buis. Je remonte vite chercher mon arc et redescends encore plus vite pour rejoindre la bordure des buis et la longer en direction du faon pour tenter de le reflécher. J'encoche une flèche, approche rapidement sur 30 mètres puis finis mon approche doucement alors qu'il avance très doucement. Il stoppe alors que je suis à 15 mètres et regarde vers moi. Je tente d'armer doucement mais il démarre et fonce dans les buis où je le perds de vue. Je fonce dans le buis pour remonter vers la crête sur environ 50 mètres avant de prendre la courbe de niveau rapidement pour tenter de le dépasser et de le recouper plus loin. 100 mètres après l'endroit où il est rentré je reviens en arrière en le cherchant dans les buis sans le trouver quand je l'aperçois dans une trouée. Il est ressorti à couvert et s'est couché au milieu de la combe à 40 mètres en contrebas de ma position. Je décide de tenter de m'approcher mais à peine j'ai fait 2 mètres qu'il se lève et fonce vers le penchant boisé opposé. Je fonce dans la pente et ressors dans la combe. Le faon remonte tranquillement et passe derrière une grosse butte terreuse à mi-pente, en bordure gauche du bois. Je le perds un instant de vue et en profite pour traverser la combe au pas de course puis commence à remonter sur ses trace. En arrivant au sommet de la bute, je l'aperçois, il est arrêté à environ 60 mètres de cul, après un gros roncier et regarde vers moi.

Je me décale doucement pour être caché par le roncier et tente une approche mais alors que je passe le roncier, je me rends compte qu'il a disparu, il a dû basculer de l'autre côté de la bosse du pré et se dirige certainement vers les maisons en contrebas. Je remonte vite sur ma droite vers la route de la Soule toute proche alors que le soleil refait son apparition et presse le pas pour descendre en la suivant quand j'aperçois le faon couché dans une langue de pré prise dans un lacet de la route. Je me décale sur la droite de la voirie pour tenter de me cacher un peu et tente une approche mais il se relève et fonce droit devant lui sur le pré en parallèle de la route. Je cours pour tenter de le recouper, le perdant un moment de vue derrière un bourrelet de ronces qui borde la route mais après environ 50 mètres de course, je biaise vers la gauche de la route en arrivant au niveau d'en bouquet d'arbres et aperçois le faon qui vient sur moi à 3 mètres. Il m'aperçois au même moment et bifurque pour redescendre dans les arbres pour ressortir dans le pré un peu plus bas et poursuivre sa course vers la pointe du pré délimitée un peu plus loin par le virage. Il ralentit et je tente une nouvelle approche en serrant à droite d'un pas rapide.  Il stoppe un peu plus loin, j'arme mon arc et m'approche doucement mais alors que je suis à environ 10 mètres et que je le vois assez pour décocher, Il fait demi-tour. J'aligne vite ma visée en 3/4 arrière alors qu'il biaise vers la route en contrebas et décoche. Ma flèche le traverse et le sang jaillit, il accélère et bifurque légèrement à droite pour descendre droit dans le grillage qui borde la droite de la route. Il bute contre ce dernier et se couche. Je passe sous le fil de clôture qui borde la route et descends à travers pré pour le rejoindre tout en restant suffisamment à distance pour ne pas le faire repartir. Il finit de mourir alors que j'arrive à la route.

Un cauchemard qui se termine bien, 5 novembre 2017

J'appelle Patrick pour qu'il vienne me chercher et m'apporter le bracelet avant de tenter de retrouver ma flèche sans succès. La piste de sang qu'l a laissé après mon second tir est impressionnante, une partie des intestin est tombée dans l'herbe 15 mètres avant la route. Je pars examiner mon animal. Ma seconde flèche rentre en arrières des côtes et sort dans l'épaule opposée. Patrick arrive au bout d'un petit moment, nous apposons le bracelet et chargeons le faon avant d'aller chercher ma voiture où je me change car je suis trempé puis nous allons nous occuper du faon avant que je rentre dans le Gers. J'ai fait une très grosse erreur en ne doublant pas mon faon alors qu'il était à terre et j'ai bien failli le perdre.

Un cauchemard qui se termine bien, 5 novembre 2017

Alex

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
  • Contact

AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

http://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

Bonne visite, Alex

LA CHASSE A L'ARC

HISTOIRE DE LA CHASSE A L'ARC :

LA CHASSE A L'ARC DANS LE MONDE :

ANATOMIE DU GIBIER :

LE TIR DU SANGLIER A LA COURSE :

LES INDICES APRES LE TIR :

 

LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

UNUCR :

http://www.unucr.fr/conducteurs.html

Conducteurs proches (ARGGB 31) :

ORIO ADRIEN :

06 86 70 89 28

FORUMS SPECIALISES :

 

 

SITES UTILES

 


 

Albums

CHARC Magazine

Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
Réaction du chevreuil après le tir
Recherche au sang sans chien
La chasse du ragondin à l'arc
L'appel du gibier
Après la chasse, le souvenir...
Emotions canadiennes

 

FOURNISSEURS