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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 19:02

Ce matin, après une courte nuit, nous nous réveillons tranquillement alors que le jour se lève. Lauro est le premier debout et s'affaire déjà. Je sors de mon hamac et commence à préparer mon arc et mes flèches pour ma première chasse en forêt. Je dévisse mon moulinet de pêche et sors ma lampe d'arc avant de monter mon nouveau carquois 2 points confectionné par Fred de "Le Barbare Archerie" puis j'équipe 4 flèches de chasse, 2 avec des lames mécaniques (Rage Hypodermic) et 2 avec des trilames fixes (Cabela's lazer suprème). Notre campement est adossé à un grand marécage très dense et la végétation semble former un mur à quelques mètres derrière notre carbé. Le soleil rentre sur le camp par la trouée sur le fleuve.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Alors que je termine de préparer mes affaires en essayant de ne rien oublier pour le premier jour (boussole, GPS, couteau, lames de rechange), un ban de ce que je pense être des petits poissons-chats se rapproche de la berge en agitant l'eau. La grosse boule se déplace en surface et vient buter contre la berge devant le camp. Je me rapproche pour les voir de plus près et constate qu'il s'agit en fait de gros têtards. Ils se séparent alors que je tente de les prendre en photo et plongent vers le fond de l'eau peu profonde, au bout d'un court instant ils remontent petit à petit en surface et s'accrochent dispersés à la végétation.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Xavier étant levé, nous nous rassemblons pour déjeuner avant de finir de nous préparer. Pendant que nous déjeunons le soleil, qui monte doucement, rentre sur le camp et de petits lézards grimpent sur les troncs qui tiennent les bâches pour prendre un bain de lumière.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Je ne résiste pas à l'envie d'en attraper un pour le voir de plus près avant de le relâcher.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Le déjeuner terminé nous nous équipons pour la chasse. Je mets une bouteille d'eau dans mon sac à dos, 4 barres de céréale, ma tenue 3D puis termine de me préparer, un pantalon camo et un T-shirt camo de chez Décathlon, mes chaussures de marche montantes en toile, mes guêtres en matière silencieuse. Je mets mon GPS et ma boite de lames de rechange dans ma poche de pantalon, ma boussole autour du cou, mon couteau à la ceinture... ça y est, je suis prêt, il est temps de partir. Nous partons tous les 3 en descendant le fleuve. Un peu plus loin Lauro nous arrête et nous demande de nous rapprocher de la berge, il descend pied nu, seulement vêtu d'un petit short et d'un T-shirt à manches courtes. Il se fraye un chemin au travers de la végétation, les pieds dans l'eau puis remonte sur la berge et s'avance dans une jungle épaisse où nous le perdons vite de vue. Rapidement, nous entendons du bruit puis nous l'apercevons au travers des branches, il revient vers nous en traînant un vieux canoë jaune qu'il laisse sur place pour se déplacer sans utiliser l'essence du moteur. Il le met à l'eau puis part de son côté. Il va aller pêcher ce matin. Nous avions décidé de remonter le fleuve ce matin mais vu l'heure, nous décidons de partir chasser juste un peu plus en aval.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

En chemin, Xavier m'interpelle pour me montrer des oiseaux mais, ne sachant pas où regarder, je ne les vois pas. C'étaient des hoazins, gros oiseaux colorés se nourrissant de végétaux et possédant comme les ruminants une panse, les jeunes ont des griffes à la pliure des ailes, vestiges reptiliens, dont ils se servent pour grimper dans les arbres. Je suis un peu déçu de ne pas les avoir vus.

Nous accostons plus loin à l'entrée d'une crique et débarquons sur un ancien campement d'où part un beau layon. Nous nous préparons en discutant quand j'aperçois un animal noir de la grosseur d'un jeune renard qui vient juste de sortir d'un trou au pied d'un arbre. J'identifie vite une tayra, gros mustélidé guyanais, je la montre vite à Xavier et nous la regardons quelque peu incrédules se débiner, à à peine 10 mètres, entre les arbres puis disparaître. Je suis ravi, c'est la première tayra que je vois de ma vie.

Je bois, laisse mon sac à dos et ma housse d'arc dans la végétation puis nous partons en suivant le layon. Le départ du sentier est très boueux et nous tombons sur un grand nombre de traces d'animaux, 3 tapirs ont suivi un moment le chemin avant de bifurquer à droite sur une grosse coulée qui rentre dans le fourré. Il s'agit très certainement d'un mâle, d'une femelle et de son jeune dont les traces sont plus petites. Des traces de biche et de pacs traversent le chemin, un gros carapa (fruit à coque dure, de la taille d'une grosse orange et contenant des grosses graines de la taille de marrons) a été rongé de frai au milieu du layon et des fruits de mobin jonchent le sol. Le secteur semble prometteur, nous nous suivons un moment sur le layon avant de nous séparer mais nous n'avons pas fait 100 mètres que Xavier stoppe net et m'interpelle alors que le chemin amorce un virage à 90° à gauche. "Hoccos", mon oreille ne s'est pas encore habituée au dissocier les bruits de la forêt. Je stoppe et tends l'oreille, un pic pic pic léger se fait entendre, c'est le cri d'alerte de cet oiseau.

Les hoccos sont au-dessus de nous dans la pente de la colline, je décide de laisser Xavier s'en occuper et m'avance doucement en suivant le chemin. Xavier tente une approche directe, je m'arrête juste un peu plus loin pour le regarder faire et aperçois les 3 hoccos qui s'envolent pour se percher dans les arbres. En levant la tête vers une trouée dans le feuillage, je vois passer, comme dans un rêve, une magnifique harpie, c'est également la première fois que j'en vois une, c'est immense aigle chasseur de singes et de paresseux chasse surtout à la cime des arbres et on n’a pas souvent la chance de l'apercevoir.

Xavier s'avance à la poursuite des hoccos qui se débinent devant lui, je poursuis ma route en suivant le chemin qui bifurque maintenant à droite pour remonter en suivant la pente de la colline. Au sommet de ce relief, je décide de quitter le chemin pour rentrer dans la forêt et tombe rapidement sur un parterre de fruit de mobin, ces fruits jonchent le sol sur plusieurs dizaines de mètres, je décide de marquer cet endroit sur mon GPS pour pouvoir y revenir car ces fruits sont très appréciés par les animaux de la forêt.

Ma chasse commence, je progresse très lentement au milieu de la végétation en faisant de nombreuses pauses pour observer autour de moi. En marchant, je dérange quelque chose de jaune à mes pieds qui fait un bon puis se fige. C'est un dendrobate à tapirer. Je tente de réaliser une belle photo de cette petite grenouille d'environ 5 cm de long mais elle commence à fuir en bondissant et en cherchant le couvert. Je la suis et finis par réussir un cliché potable alors qu'elle stoppe au pied d'un arbre.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Elle redémarre rapidement puis commence à grimper sur le tronc avant d'entamer de faire le tour de l'arbre en sautant latéralement pour se cacher à ma vue comme le ferait un écureuil en métropole. Je tente de la reprendre en photo mais je renonce car elle va trop vite et je n'arrive pas à faire la netteté en tournant autour de l'arbre.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Je reprends ma chasse et alors que je viens de m'arrêter, des bruits de feuillages attirent mon attention. Des singes se déplacent à la cime des arbres à environ 50 mètres à la recherche de fruits. Je finis par distinguer des capucins bruns et tente de les siffler pour les faire venir. J'aperçois alors quelques curieux descendre un peu plus à découvert pour regarder vers moi tout en restant à bonne distance avant de remonter d'un étage. Ils semblent méfiants et continuent leur progression. Je finis par reprendre ma progression lente. Je lève par 2 fois des bandes de 2 ou 3 hoccos sans pourvoir tenter une flèche car ces derniers volent rapidement vers les premières branches des arbres et même s'ils sont parfois bien dégagés, je décide de ne pas risquer un tir aérien. Le temps passe, un grand tinamou surgit de la végétation et vole un instant pour disparaître dans la jungle.

Je tente un instant de le retrouver, sachant qu'il ne s'est pas posé bien loin mais je finis par renoncer et poursuis ma chasse. Le paysage est assez vallonné et je progresse en enchainant les montées et les descentes en faisant des pauses observatoires régulières plus ou moins longues. Un moment passe sans que je voie d'animaux, j'en profite pour faire une pause et manger une barre de céréale puis en début d'après-midi alors que je monte au sommet d'une petite colline des hoccos décollent dans la pente sur ma droite et se branchent. Je me fige pour tenter de les apercevoir, le pic pic pic d'alerte se fait entendre mais les feuillages me les masquent, je tente alors de me décaler doucement quand un bruit me fait tourner la tête. A à peine 15 mètres de moi, un animal gris de taille moyenne se lève et par de cul tête basse puis il se tourne plein profil, en partie masqué par la végétation basse, et redresse la tête. Je ne vois pas sa tête mais aperçois ses oreilles tournant pour capter un bruit avant qu'il ne redémarre et disparaisse. C'était un cariacou, le plus petit cervidé guyanais. J'ai lu sur le guide du vrai broussard que sa curiosité le faisait parfois revenir pour identifier ce qui l'avait fait fuir. Je reste donc un moment sans bouger alors que les hoccos se sont éloignés.

Rien ne venant, je décide de continuer mais le temps passe et le gibier n'est plus de sortie. Je contrôle l'heure sur mon GPS et constate que le rendez-vous est dans environ 2 heures. Je commence donc à revenir vers la barque mais comme d'habitude, voulant essayer de chasser en rentrant, je n'arrive pas à avancer droit et tourne en rond en forêt. Je dois laisser tomber la chasse et me focaliser sur la navigation mais la distance diminue puis augmente alors qu'il me semble aller tout droit. Je décide de changer de point d'arrivée et mets le mobin en espérant retomber sur le layon. Cette fois la navigation est plus facile car la végétation est moins dense. Je retombe sur les capucins bruns qui s'agitent dans les feuillages et les observe un moment avant de continuer. Je finis par récupérer un layon et commence à le suivre, mon GPS indique que la distance diminue. Je continue donc à suivre ce layon levant un tinamou de couleur rouille puis plusieurs autres de part et d'autre du chemin avant que le layon ne se termine dans un amas de troncs. Il me semble voir un autre layon plus à droite, au travers de la végétation et m'avance vers lui. Je retombe ainsi sur le layon par lequel nous sommes arrivés et le suis pour arriver à la barque, je lève encore 2 perdrix avant d'arriver près du fleuve. Je récupère mes affaires et me pose. Je profite de ce moment de calme pour observer en vidant ma bouteille d'eau.

Xavier finit par arriver et nous discutons de notre chasse, c'est amusant car il a vu quasiment les même choses que moi, il a pu photographier un dendrobate à tapirer.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016
Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016
Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Les photos prises par son appareil photo plus récent que le mien sont plus nettes. Il a également vu tourner autour d'un arbre pour se cacher. Il a vu également des hoccos, les singes et un cariacou mais n'a pas pu flécher de gibier.

Nous rentrons, en chemin nous décidons de nous aventurer dans une belle crique pour faire du repérage pour une éventuelle sortie aux caïmans de nuit et nous nous arrêtons au bout d'un moment car elle est barrée par un arbre mort.

Nous faisons demi-tour, arrivé au camp

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

nous nous changeons et préparons le repas, ce sera pâtes et poulet boucané. Nous décidons de ne pas chasser ce soir car nous sommes fatigués et de nous coucher tôt pour bien nous reposer et être en forme pour la chasse de demain. Nous discutons donc de notre journée en mangeant.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Ma première journée aura été riche en nouvelles rencontres.

 

Alex

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commentaires

Christophe 21/04/2016 16:19

Belle nouvelle page d’accueil Alex....j'aime beaucoup la photo du ragondin faisant sa prière en te voyant arriver!!!!!

Pat 20/04/2016 02:28

Merci de cette évasion ... comme d'habitude, très richement détaillée !!! On attend la suite ... ;-)

pepone 19/04/2016 21:06

comme toujours tes recits sont terribles ,merci pour le partage
a+ lilian

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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