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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 10:24

Jeudi soir, j'ai pris l'avion à Blagnac pour rejoindre Paris où j'ai dormi chez mes beaux-parents puis vendredi matin, ils m'ont déposé à Orly où j'ai retrouvé "Scarabée", lui aussi invité par Xavier mais que je ne connais pas encore. Nous nous sommes tout juste parlés quelques fois par téléphone mais c'est la première fois que je vais voir son visage. Il arrive alors que je prends un chocolat chaud au café de l'aéroport. Il fait très sérieux mais nos discutions téléphoniques me font penser qu'il n'y aura pas de souci. Nous partons donc tous les 2 pour l'enregistrement des bagages. A ma grande surprise, alors que l'an dernier ma valise Badlands était passée en hors gabarit, cette année elle est prise comme un autre bagage. "Scarabée", lui devra passer sa valise d'arc par un tapis spécial. Nous passons la douane ou j'ai droit à une fouille au corps puis partons attendre à la porte d'embarquement. Nous sommes un vendredi 13 et le départ est prévu à 13 heures, ça ne s'invente pas... bon ou mauvais signe, nous le sauront plus tard. Notre avion aura finalement un peu de retard. Après un vol sans encombre, ça me change par rapport à l'an dernier, nous arrivons à Cayenne vers 18h30, juste avant la tombée de la nuit, ce qui nous permet de voir la forêt amazonienne dans le soleil couchant avant d'atterrir. Nous récupérons nos bagages et retrouvons Xavier qui nous conduit chez lui alors que la nuit s'installe. Il revient d'un séjour en forêt où il a fléché 2 pécaris à collier mais où il a également été infecté par plusieurs vers macaques qui ont colonisés l'arrière de ses oreilles, son bras et sa joue. Le temps est couvert mais il ne pleut pas pour le moment. Daniel, un ami guyanais de Xavier nous rejoint chez ce dernier. Une bonne assiette de fricassée de caïman, nos affaires préparées pour le lendemain matin et nous partons nous coucher. La nuit sera courte car entre le décalage horaire de 4 heures et l'excitation de la chasse, je n'arriverai pas bien à dormir.

Le réveil sonne vers 6h30, nous nous levons, déjeunons et nous préparons avant d'attaquer de préparer le matériel pour notre première chasse en forêt. Il a plu pas mal cette nuit et il pleut encore ce matin. Nos affaires sont mises dans des touques pour les protéger de l'humidité. Nous les chargeons sur le pickup, chargeons les grosses glacières remplies de glace qui serviront à conserver le gibier et sanglons le canoë sur le toit du pickup.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Un gros crapaud buffle brave la pluie, dressé sur ses pattes, en bordure du chemin de terre sous un arbuste. 

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous attelons ensuite la remorque de la barque

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

et finissons de charger nos affaires. Les chiens de Xavier viennent nous saluer avant le départ et profiter de dernières caresses.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Vers 8 heures, nous sommes prêts à partir et le soleil ressort un peu avec le jour qui se lève.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous partons, en route, les averses se succèdent et nous devons faire une halte pour remettre le capot du moteur de la barque qui est en train de tomber.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Après 1 heure et demi de route, nous arrivons au débarcadère. La marée n'est pas encore très haute et l'eau basse a laissé apparaître la vase du fleuve ce qui va nous compliquer un peu la mise à l'eau des bateaux. Xavier recule pour mettre la barque à l'eau. Les roues de la remorque s'envasent et nous devons réavancer la remorque, mettre des planches sur la vase pour pouvoir reculer d'avantage et mettre la barque à l'eau. Des crabes violonistes sortent et rentrent de leurs petits terriers creusés dans cette vase.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous vidons ensuite le pickup et déposons le canoë au sol pour que Daniel puisse aller garer la voiture et la remorque près de la gendarmerie du village un peu plus loin. Nous entreposons touques, glacières et arcs dans la barque avant de mettre le canoë à l'eau puis Xavier l'équipe de son moteur. Nous finissons de charger nos affaires dans les embarcations puis attendons le retour de Daniel sous un véritable déluge. Au retour de ce dernier, grâce un automobiliste qui l'a pris en stop, nous nous répartissons dans les bateaux, Scarabée part avec Daniel dans le canoë et moi avec Xavier dans la barque. La pluie s'est calmée. Le moteur de cette dernière est plus puissant et nous l'avons beaucoup plus chargée. Nous prenons vite de l'avance en distançant le canoë.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Après un petit moment, Xavier ralentit et s'arrête pour attendre le canoë avant de prendre un raccourci, un petit bras coupant un lacet du fleuve.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Alors que le canoë arrive, nous prenons le raccourci

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

et ressortons un peu plus loin sur le fleuve pour reprendre notre progression rapide. Nous faisons régulièrement décoller des oiseaux, martins pêcheurs, hirondelles, anis quand un vol de flamant bois (ibis) prend son envol devant nous.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Un peu plus loin, un ani, posé sur un palmier penché au-dessus de l'eau décolle alors que nous passons sous lui. 

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Le fleuve est large pour l'instant et les obstacles quasi inexistants, la végétation de la berge varie en fonction des zones, les zone humides de marais sont reconnaissables à la présence de grands palmiers.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Petit à petit, le fleuve se resserre et de plus en plus de martins pêcheurs accompagnent notre route. Nous passons devant le second raccourci qui coupe un autre méandre du fleuve mais le niveau de l'eau est trop bas et nous décidons de poursuivre.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Alors que nous arrivons à l'autre bout du passage en suivant le fleuve nous attendons le canoë sur qui nous avons pris beaucoup d'avance et les interpellons alors que nous les voyons passer. Xavier dit à Daniel de tenter de prendre le raccourci avec le canoë. Il s'élance donc une première fois mais malgré les tentatives de "Scarabée" pour l'aider à la pagaie dans une eau très peu profonde, le canoë repart en arrière et nous rigolons avec Xavier de l'infortune de nos camarades. La seconde tentative sera la bonne.

Nous repartons et reprenons vite de l'avance sur le canoë avant de nous arrêter un peu plus loin sur une petite plage où nous avions déjà fait halte avec Christophe et Olivier l'an dernier après que j'ai loupé mon premier caïman. La pluie s'est complètement arrêtée.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Un carbé a été installé sur la bande étroite de terre dans ce méandre serré du fleuve. Nous nous dégourdissons un peu les jambes en attendant l'arrivée de nos collègues. Le ronron du moteur annonce le canoë qui finit par apparaître dans un virage un peu plus en aval.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Après une petite pause, nous reprenons notre chemin et apercevons une caurale soleil

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

et un, puis 2 aningas

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

qui prennent leur envol à notre arrivée. Nous sommes vite pris sous un véritable déluge de quelques minutes.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Le soleil finit par réapparaître et un peu plus loin nous tombons sur notre premier obstacle infranchissable, un tronc coupé plus en amont et venu se caler contre la berge et à pivoté pour barrer le lit du fleuve à 50 ou 60 cm au-dessus de l'eau, trop bas pour passer dessous, trop haut pour passer par-dessus. Xavier n'a pas d'autre solution que de descendre à terre pour en tronçonner l'extrémité du tronc. Il commence à tronçonner mais se rend compte que la chaîne est montée à l'envers et me demande de lui passer la clé pour la démonter et la remonter à l'endroit avant de recommencer à découper l'arbre.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Il finit par couper le tronc qui tombe à l'eau et manque de l'entraîner avec lui. Xavier remonte dans la barque et met les gaz pour passer par-dessus le tronc qui flotte juste en surface. Nous reprenons de l'avance sur le canoë qui nous avait rattrapés mais tombons un peu plus loin sur un énorme tronc qui nous barre à nouveau la route, impossible de passer dessus ou dessous.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Sur la gauche, un passage étroit a été ouvert à la tronçonneuse contre la berge, le canoë léger passe facilement juste en le tirant un peu.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Mais pour la barque c'est une autre histoire, Xavier commence à s'engager mais une avancée de sable derrière le tronc bloque notre progression. Je dois descendre de la barque dans l'eau jusqu'à mi-cuisse pour couper au sabre la végétation de la berge et faire pivoter la barque. Aidés par nos collègues nous finissons par faire passer la barque. Le reste du voyage sera presque trop facile, sans obstacle difficile à franchir. Juste un tronc que je n'ai pas vu assez tôt et sur lequel la barque s'est calée. Je dois descendre dans l'eau sur le tronc pour pousser la barque et Xavier en profite pour repartir. Mes collègues en canoë me récupèrent, alors que je manque de perdre l'équilibre et de tomber à l'eau, ils me ramènent vers la barque qui m'attend un peu plus loin.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Je reprends ma place dans la barque.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Le fleuve est maintenant beaucoup plus étroit et notre progression est accompagnée des martins pêcheurs et des chauves-souris qui s'envolent sur notre passage.

Tout à coup, Xavier m'interpelle, je me retourne et il me tend une gousse qui ressemble à une gousse de fèves mais un peu plus courte et un peu plus large. Je connais ce fruit qui pousse au-dessus du fleuve et pend souvent dans l'eau ou au ras de la surface, j'y ai déjà goutté l'an dernier. Ces gousses vertes jaunissent en murissant, en les ouvrant on tombe sur des sortes de haricots recouverts d'une pulpe blanche sucrée qui se détache de la graine quand on la suce, on recrache ensuite cette dernière. J'ouvre la gousse, prends 2 graisses et les mets à la bouche pour manger la pulpe et tends le reste à Xavier. Ce fruit est très apprécié des tapirs qui viennent le cueillir en nageant sur le fleuve. Un peu plus loin nous dérangeons encore une caurale soleil, cet oiseau réputé rare en Guyane mais que j'ai déjà vu plusieurs fois depuis ce matin. Il part se poser sur un tronc qui dépasse de l'eau puis s'envole à nouveau pour se poser un peu plus loin  caché par une branche basse.

Un oiseau décolle à notre approche et disparaît au loin, pensant qu'il s'agit de la caurale, je coupe mon film mais alors que nous arrivons tout près de l'arbre mort qui dépasse de l'eau, cette dernière s’envole juste à côté de moi pour rentrer en forêt et disparaître. 2 gros remous agitent le fleuve dans une zone de végétation dense en bordure du cours d'eau, très certainement des caïmans. Nous finissons par arriver au départ du petit bras de fleuve qui va nous conduire à notre futur campement, le même que pour le second séjour en forêt de 2014.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous arrivons en début d'après-midi à l'entrée de la crique où nous allons accoster. Un remous attire mon attention, quelque chose vient de plonger contre la berge de gauche, un caïman ou une tortue, je n'ai pas pu voir l'animal. Un arbre est tombé en travers du bras du fleuve et ses branches barrent l'entrée de la crique mais nous arrivons à passer dessous et accostons. Nous attachons nos embarcations et commençons à débarquer nos affaires. De nombreuses "grenouilles feuilles" sautent en tous sens devant nos pieds.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015
Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Je repère une belle araignée qui transporte sa boule d’œufs empaquetée de soies sur le tapis de feuilles mortes qui couvre le sol.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous regroupons nos affaires sur le camp puis commençons à monter nos emplacements. Chacun tend sa bâche par-dessus une corde reliant 2 arbres entre lesquels nous tendrons notre hamac. Puis aménageons notre espace. Je tends une corde à linge à l'abri sous ma bâche et fabrique un crochet avec une branche pour suspendre mon arc. Xavier, monté sur une touque pour attacher sa corde suffisamment haut va nous faire une belle chute qui n'aura heureusement pas de conséquence. Le camp a bien pris forme.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Je finis mon coin en tendant mon hamac.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

J'allume mon GPS, attends la réception satellite et fais le point sur le camp puis pars faire un petit tour de l'autre côté de la crique. Le tronc qui permettait de traverser l'an dernier est toujours là. Je traverse donc en marchant dessus. Je pars vers l'endroit où j'ai vu le remous en arrivant. En arrivant au bord du fleuve, j'ai juste le temps de voir le remous mais je n'ai toujours pas vu l'animal responsable de cette agitation. Après avoir fait juste un petit tour dans une zone dégagée près du fleuve et constater que le secteur est ponctué de nombreux terriers de pacs ou de tatou, je retourne sur le camp. Après un temps de repos, la nuit est tombée. Il est temps de se restaurer, un bon repas, une bonne blanquette de de capibara façon Daniel nous attend. Nous décidons ensuite de partir chasser sur le fleuve. Je prépare donc mon arc et l'équipe du moulinet, de ma flèche de pêche et de ma lampe d'arc à faisceau vert pour la tester puis prends ma frontale. Je troque mon T-shirt à manches longues pour un sweet plus chaud mais surtout plus protecteur contre les piqûres de moustiques mais aussi de guêpes que la lumière de nos frontales attire souvent comme un aimant. Je jette un coup d’œil sur le fleuve et aperçois un œil rouge dans le faisceau de ma frontale. C'était donc un petit caïman qui a plongé tout à l'heure.

Je pars avec Xavier en barque pour descendre le fleuve alors que Daniel et "Scarabée" vont le remonter en canoë. Je prends également mon carquois d'arc où j'ai remplacé 2 de mes flèches de chasse par des flèches équipées de vielles lames cabela's qui me serviront, si nécessaire à achever mes caïmans d'une flèche dans la nuque. Mes autres flèches sont équipées de lames neuves au cas où nous croiserions d'autres animaux sur les berges du fleuve. En partant vers la barque nous apercevons une grosse grenouille rousse à l'entrée d'un terrier abandonné de pac au bord de l'eau, ses gros yeux brillent en rouge, elle rentre dans le terrier à notre approche. Nous embarquons et partons en marche arrière en nous baissant pour passer sous les branches de l'arbre tombé en travers de la crique puis prenons le sens du courant. Le petit caïman plonge à notre départ, arrivés sur le lit principal du fleuve nous ne tardons pas à voir les premiers yeux rouges. Les premiers caïmans sont craintifs et plongent rapidement au moindre bruit.

Nous devons slalomer entre les troncs morts qui encombrent le lit du fleuve et éviter les troncs immergés que je tente de signaler à Xavier quand je les vois. J'aide Xavier qui s'occupe du moteur à l'arrière en essayant de diriger la barque à la pagaie à l'avant. Malgré nos précautions nous heurtons régulièrement des troncs, faisant du bruit et faisant parfois plonger les caïmans. A chaque fois que nous repérons un œil, il me faut poser la pagaie, prendre mon arc posé devant moi, encocher ma flèche de pêche, vérifier que le câble est correctement mis en place, allumer la fibre de mon viseur, positionner l'interrupteur de ma lampe d'arc sur la poignée d'arc et tout ça sans heurter la barque avec mon arc ou ma pagaie et en essayant de ne pas trop éclairer la barque pour ne pas nous faire repérer. De plus, le courant nous entraîne vers les caïmans et il me faut faire très vite pour avoir le temps de viser et décocher. Finalement un premier caïman se laisse approcher. Je me prépare rapidement perdant un instant de vu l'animal. Une fois prêt, je tente de l'apercevoir à nouveau alors que nous sommes tout près, Xavier ne le voit plus non plus. Tout à coup, je l'aperçois, il est contre la berge et me tourne le dos, ces yeux ne sont donc pas visibles mais c'est la position que je préfère car elle tolère les erreurs de tir verticales. J'arme, allume ma lampe d'arc, vise et décoche. Le caïman touche au cou plonge en se débattant.

Je tente de le ramener un instant mais n'arrivant pas à le maîtriser, je décide de descendre à terre pour l'achever. Je rembobine mon câble et le caïman finit par venir se caler contre la berge, tête vers la forêt, j'encoche une flèche d'achèvement, arme vise en essayant ne pas toucher ma flèche pêche et décoche. Atteint au cou, le caïman plonge. Je n'ai pas touche les vertèbres mais cette flèche l'a tout de même affaibli. Je le ramène grâce à mon câble et après un petit moment de lutte, je finis par lui fermer la gueule à la main, dégage ma flèche pêche en dévissant la pointe et lui entourer le museau avec du scotch que j'avais pris dans ma poche. Xavier me fait passer le sabre pour l'achever d'un coup à la nuque mais je préfère l'achever avec mon opinel que je lui plante derrière la tête. Je revisse ma lame de pêche et rembobine mon câble. Je retrouve ma flèche plantée contre la berge juste avant un gros amas de végétation qui m’aurait rendu la recherche impossible. Je remonte dans la barque avec mon arc et mon caïman. Nous repartons en chasse et finissons par approcher un nouveau caïman un peu plus loin mais le temps de ma préparer la barque a dérivé et fonce, poussée par le courant, droit sur le caïman qui est sous des branches basses qui rendent le tir difficile. J'ai juste le temps d'armer, allumer ma lampe, viser et décocher au coup de bras alors que la barque passe à 50 cm du caïman dont seule la tête, tournée face à moi, dépasse de l'eau. L'action s'est passée en un éclair et je lute maintenant dans les branches pour ne pas tomber à l'eau. Une fois la barque dégagée, je commence à rembobiner mon câble.

Je n'en reviens pas, j'ai touché mon caïman qui se débat au bout du câble, le tir était quasi impossible. Ma flèche est rentrée dans le museau et ressort dans la gorge. Xavier me dit de prendre le sabre pour l'achever mais je me rends compte que je l'ai oublié sur la rive tout à l'heure. Aidé par ma flèche je n'ai pas trop de mal à fermer la gueule de mon caïman. Je lui dégage ma flèche pêche en dévissant ma pointe et en maintenant fermement sa gueule fermée dans ma main, j'entoure son museau avec quelques tours de scotch. Je constate alors qu'il lui manque le bout d'une patte avant, coupée au niveau du poignet, mais que cette blessure ou malformation est parfaitement cicatrisée. Impossible de trouver mon opinel, Je le pose dans la barque pendant que je revisse ma pointe de pêche et rembobine mon câble mais il court en tous sens et tente de sauter par-dessus bord. Je l'attrape et l'achève donc en lui tapant la tête sur le bord de la barque et le remets dans la barque. Nous décidons de faire demi-tour et de partir chercher le sabre. En route, le caïman que je pensais mort se réveille et je dois le frapper à nouveau à la tête, cette fois, il ne s'en remettra pas. En chemin, nous apercevons un gros caïman dans des branchages près de la berge. Nous tentons une approche, je me prépare, arme, allume ma lampe, tente de viser au travers des branchages et décoche mais manque la caïman qui positionné plein travers ne laissait voir que sa tête. Le tir était compliqué mais je suis un peu déçu car c'était le seul gros caïman que je pouvais flécher ce soir, nous l'avions vu plonger en descendant tout à l'heure. Je rembobine mon câble et récupère ma flèche. En remontant nous finissons par retrouver le sabre posé sur la berge.

Un peu avant le camp, nous repérons un œil rouge dans une crique sur la gauche du cours d'eau et nous avançons. Xavier me dis de ne tirer que si c'est un gros caïman. Ce dernier est posé sur la berge, tête vers l'eau et nous laisse approcher sans bouger. J'arme, allume ma lampe et vise, je demande quoi faire à Xavier mais il me dit de le laisser, il est plus gros que les 2 autres mais pas assez gros. Je désarme. Nous passons juste devant lui sans qu'il ne bouge. Nous faisons demi-tour un peu plus loin et repassons devant la caïman qui ne bouge toujours pas. J'en profite pour le prendre en photo.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Il finit par plonger. Nous rentrons. Sur le bras du fleuve qui nous mène au camp, le petit caïman d'environ 70 cm plonge devant nous quand Xavier m'interpelle pour me montrer 1 puis 2 tous petits caïmans posés sur la berge qui nous laissent passer sans bouger. Nous accostons dans la crique, la grosse grenouille, qui était ressorti, regagne sa tanière, le canoë n'est pas encore rentré. J'en profite pour faire des photos de mes caïmans

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

avant de les vider et de les pendre pour les laisser égoutter cette nuit avant de les mettre au frais demain matin dans la glacière. Ne voyant pas arriver nos collègues, nous partons nous coucher dans nos hamacs. Ils finissent par arriver. Leurs éclats de voix en disent long. Daniel lance un : "Qui c'est le papa ?".  Je me lève pour aller voir le résultat. "Scarabée" a fléché un magnifique caïman mâle qui affichera 24 kg au peson. C'est un record à l'arc pour le secteur, ceux fléchés l'an dernier n'atteignaient pas ce poids malgré leurs belles tailles. Le bout de la queue du caïman est manquant et cicatrisé et il possède un entaille récente de 4 ou 5 cm à la hanche. "Scrarabée" nous raconte sa soirée : "Quelques yeux rouges seront visibles mais le manque de rapidité dans ma préparation avec cette flèche et ce moulinet de pêche m’empêcheront de décocher.

Au détour d’un abatis, deux points rouges «s’illuminent» mais les branches ne me permettront pas de lâcher le tube. Il me faudra sortir du canoé pour progresser sur le tronc immergé jusqu’à trouver une fenêtre de tir. Le manque d’habitude me fera perdre encore du temps pour savoir de quel côté se trouve le corps de l’animal, mais le fil se délove et le «croco» se débat. Après une bagarre de plusieurs minutes avec l’aide de Daniel débarqué également, le saurien se libère laissant libre la bobine. Dégouté que je suis, mais Dan me rassure en me disant qu’il finira par remonter et effectivement cinquante mètres plus loin en aval, les yeux réapparaissent, nous obligeant à reprendre l’embarcation. L’approche à la pagaie nous permettra de le doubler et cette fois de le remonter à bord en lui apposant un lasso et un scotch sur le museau. Sur le chemin du retour nous verrons un autre très beau spécimen mais qui ne se laissera pas harponner". Daniel s'est blessé en essayant de maîtriser ce beau reptile, il nous montre son mollet, le caïman, en se débattant alors que son museau était déjà entouré avec du scotch, lui a fait une entaille de 4 cm de long, sur le côté du mollet, en le touchant avec l'une de ses dents qui dépasse de la mâchoire. Nous partons nous coucher.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

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