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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 19:52

Ce soir, je repars chasser sur Labéjan. Je me gare en haut de la cote après le lac, me prépare et décide de partir chasser au-dessus du grand bois qui précède le lac. Je remonte le talus du fossé de la route et suis la crête tout en surveillant la pente sur ma gauche. Rien pour le moment le long de la haie qui borde le bas du champ. Je décide de tenter de décocher quelques flèches en billebaude pour vérifier si mon arc est toujours bien réglé car depuis ma chute au chamois du 5 novembre, je n'ai pas vérifié mes réglages. Tout semble normal, mes flèches vont où je veux, j'avais pris mon cube de mousse et mes clés hexagonales au cas où dans la voiture. Je continue donc l'esprit tranquille, je passe au-dessus du bosquet, le vent souffle face à moi, rien derrière ce dernier dans le chaume de maïs, je continue vers le chemin de terre qui longe la crête mais en regardant l'heure, je me ravise, il ne me reste qu'une heure avant la nuit. Je décide d'aller chasser le secteur où j'ai fléché le brocard avec l'abcès à la joue. Je descends donc en suivant le bosquet puis pars à mauvais vent pour longer sous la haie qui sépare l'ancienne parcelle de maïs de l'ancienne parcelle de tournesol, toutes les 2 aujourd'hui travaillées. La haie rejoint un bois qui remonte vers la crête, je longe le fond de ce dernier et aboutis à un passage entre lui et une grosse haie qui descend vers le ruisseau à environ 150 mètres sur ma droite. En traversant le passage je regarde alternativement à droite et à gauche en avançant tout doucement pour tenter d'apercevoir un chevreuil mais rien en vue. J'avance encore sur environ 50 mètres pour jeter un coup d'œil derrière un petit bosquet tout en long qui descend aussi vers le ruisseau en s'éloignant doucement de la haie. Toujours rien, je fais demi-tour et reviens vers la haie quand je me rends compte qu'une chevrette est sortie du bois à environ 100 mètres sur ma droite. Je me fige, elle regarde vers moi, le relief du terrain me cache en partie, nous restons un moment à nous observer.

Au bout d'un moment, elle baisse la tête, j'en profite pour me baisser et me cacher derrière le relief du terrain puis avance rapidement voûté vers le bord du bois. En arrivant contre ce dernier, je jette un coup d'œil sur la chevrette qui n'a pas bougé et regarde à l'opposé de ma position. Je me cale contre le bois et commence à avancer doucement, la légère courbure sortante du bois et le relief vallonné du terrain me cache pour le moment le chevreuil et me permettent d'avancer à couvert. J'arrive ainsi à environ 45 mètres de la chevrette. Au moment où je l'aperçois, elle regarde vers moi. Je suis partiellement caché derrière une branche basse qui sort de la bordure du bois. Je me suis figé, partiellement voûté et sur mes jambes partiellement fléchies. Le temps passe et la position devient de plus en plus douloureuse. Je tente de tendre mes jambes doucement une après l'autre sans me redresser et sans bouger le haut de mon corps en les étirant vers l'arrière pour stopper cette douleur mais je dois ensuite reprendre ma position et la douleur revient. Le temps me parait interminable, le chevrette reste à regarder fixement vers moi, ses oreilles pivotent pour écouter autour d'elle. Après de longues minutes, elle finit par faire volte-face tranquillement et rentre au bois. Je me redresse alors avec un grand soulagement et m'approche doucement de l'endroit où elle est entrée à couvert pour tenter de l'apercevoir au travers des feuillages mais elle a disparu. Je m'avance alors tranquillement et rejoins une bande claire et très étroite de bois, d'environ 15 mètres, qui relie les 2 bois rectangulaires. L'un décalé à droite de la bande étroite et l'autre à gauche. Je commence à traverser la bande de bois étroite quand j'aperçois ma chevrette qui ressort, à environ 45 mètres devant moi, du bois à ma gauche qui remonte vers la crête. Elle s'avance tranquillement, s'arrête, regarde vers moi, repart tranquillement tout en biaisant doucement pour descendre vers la bordure du bois à ma droite. Je tente de m'avancer jusqu'au bord de la bande boisée pour gagner quelques mètres au cas où la chevrette déciderait de se rapprocher plus que prévu. Je fais 2 ou 3 pas et elle s'arrête net pour regarder vers moi, je me fige à nouveau. Elle finit par repartir en pressant un peu le pas puis se remet à brouter près de la bordure du bois. Je me décale au coin du second bois pour surveiller la chevrette et aperçois 3 autres chevreuils à environ 150 mètres, vers lesquels elle se dirige.

Je reste un moment caché derrière les arbres puis décide de tenter une approche alors que la chevrette qui a rejoint le petit groupe s'est tranquillisée et broute tranquillement. Je pense qu'ils mangent des glands. Je profite d'un moment d'inattention de la bande de chevreuil en plein repas pour sortir sur la luzerne et commencer à suivre tout doucement le fossé qui longe la bordure du bois. A chaque fois qu'un animal relève la tête, je me fige et attends que tous soient inattentifs pour recommencer à avancer. J'arrive ainsi à environ 70 mètres des chevreuils. Cette bande m'a déjà eu plusieurs fois mais je les ai toujours attaqués par le haut de la luzerne. Ce soir c'est différent et mes nombreux échecs m'ont permis de les observer, je sais qu’ils remontent souvent vers le chaume de maïs labouré en crête par une sorte de petite combe qui part du bois pour arriver en crête. Ce passage fréquent est situé à mi-distance entre moi et les chevreuils. J'hésite, un buisson sort du bois et me fait un bon écran de camouflage mais, même si j'ai déjà vu les chevreuils venir jusque-là, je crains de les voir bifurquer trop loin, mais je ne peux pas contourner ce buisson sans m'exposer à découvert et être repéré par l'un des 4 chevreuils dispersés sur 15 mètres dans la luzerne au bord du bois. Je décide de me poster provisoirement derrière ce buisson en attendant de voir ce que vont faire les animaux. Je les observe donc un moment, je pense identifier 2 chevrettes et 2 chevrillards. Certains des animaux remontent de 5 à 20 mètres dans la luzerne, reviennent vers le bois, viennent vers moi, repartent en arrière, 2 chevreuils jouent à se repousser tête contre tête... finalement 2 d'entre eux rentrent au bois. Les 2 restants semblent être 2 chevrillards et je pense les voir suivre les 2 autres. J'attends donc ce moment pour tenter de me rapprocher mais contre toute attente ils commencent à venir vers moi en broutant.

Le premier avance vers moi à environ 5 mètres de la bordure du bois, je me serre au maximum contre le bois mais je crains qu'il ne me voit avant que je puisse armer. Il fait régulièrement des haltes pour manger, alors qu'il se rapproche, il me semble voir des petits bois entre ses oreilles et je commence à douter de mon identification, il s'agit certainement d'un brocard. C'est donc certainement une chevrette qui le suit à environ 20 mètres en arrière. Pourtant, il me semblait beaucoup plus petit que les 2 rentrés au bois. Tout à coup, le brocard biaise vers le bois puis recommence à vernir vers moi, cette fois l'arbuste me cache d'avantage. Petit à petit, il arrive à environ 10 mètres mais le buisson m'empêche de tenter une flèche, c'est alors qu'il bifurque à nouveau pour s'avancer plein travers dans la luzerne. J'arme mais il détecte le mouvement et regarde vers moi en avançant d'un pas saccadé. Je le suis dans mon viseur en attendant que la zone vitale se dégage. Il stoppe plein travers, bien dégagée, ma visée est calée je décoche mais, inexplicablement, ma flèche dévie à droite et le frappe dans le cuissot, le brocard s'effondre sur place et se retourne en rampant pour revenir vers le bois. Je me précipite vers lui et le plaque au sol, ses 2 fémurs sont cassés, je dégage ma flèche et me positionne derrière lui pour éviter de prendre des coups de pattes. Un geyser de sang jaillit de la plaie d'entrée dans son cuissot et il s'immobilise rapidement. Ma flèche qui était restée en travers de l'animal, a sectionné les artères fémorales en plus de casser les fémurs. La chevrette qui a fui vers le bois au moment où le brocard est tombé au sol pousse une sorte d'aboiement plaintif et répétés un moment dans le bois comme pour appeler son compagnon qui ne la suivra plus. Je dois dire que c'est la première fois que j'entends un tel aboiement et qu'il ne me laisse pas indifférent. J'examine ma flèche et comprends rapidement ce qui s'est passé, il s'agit de la flèche tirée sur mon deuxième chamois manquée, la lame avait cassé au ras de l'insert et ayant réussi à sortir le bout restant, je l'avais équipé d'une lame neuve sans faite attention que l'insert s'était légèrement mis en travers ce qui a dévié ma flèche. J'ai eu beaucoup de chance aujourd'hui malgré 2 flèches douteuses que j'ai du mal à digérer, j'ai tout de même retrouvé mes 2 chevreuils.

Un chevrillard le matin, un brocard le soir, 9 novembre 2014

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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