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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 20:41

Ce soir, je retourne chasser sur Labéjan. Ayant constaté que les chevreuils étaient peu présents sur les maïs en dessous du lac, je décide de concentrer ma soirée autour du maïs où j'ai fléché le chevrillard l'autre jour. Je me gare donc au bord de la route près du maïs. Il est encore tôt et je décide d'aller chasser près d'un petit bosquet à environ 1 kilomètre, près de la limite de la société de chasse. J'y ai constaté une bonne fréquentation des chevreuils. Je pars donc en suivant un chemin de terre qui par de la ferme pour rejoindre la crête de la colline suivante. Arrivé en crête, je jette un coup d'œil sur le penchant suivant sur lequel descend une parcelle de luzerne suivie d'un champ travaillé qui borde le bois qui remonte sur le penchant suivant. Je suis le chemin et arrive dans un virage à 90° à gauche. Sur la droite du chemin une combe est couverte d'un semé de colza qui descend jusqu'à un fossé dans le bas fond. Cette parcelle remonte à droite vers un bois qui borde la crête avant de descendre dans la combe. En face cette bande boisée, un bosquet démarre du fond de la combe et remonte sur le penchant opposé. Je descends dans le semé en biaisant à gauche vers le bord du bosquet. Arrivé en lisière, je longe le fossé qui le borde, des sangliers se sont baignés dans le fossé il y a quelques jours, des coulées bien marquées traversent ce fossé et rentre au bois. La végétation y est couverte de boue séchée.

En arrivant au coin du bosquet, j'aperçois un brocard tourné vers la gauche qui fait sa toilette, de l'autre côté du fossé du fond de combe, à environ 40 mètres. Il se lèche le flanc opposé à ma position et ne m'a pas vu. J'en profite pour me caler contre le bosquet. Le fossé est bordé par des touffes de végétation épaisse, d'arbustes et de ronces mais cet écran végétal est clair semé et parfois trop bas pour me cacher. L'approche risque d'être compliquée. Pour l'instant, j'observe le brocard qui me semble maigre, les os sont saillants. Alors qu'il redresse la tête, je constate que son cou est très décharné. Son arrière train est vert kaki, je comprends vite qu'il est malade. Cette affection, de plus en plus répandue ces dernières années sur le département, condamne nos chevreuils à une mort lente mais certaine. Je décide donc de tout faire ce soir pour prélever ce brocard, d'une part pour abréger son calvaire mais aussi pour qu'il ne contamine pas ses congénères. Il s'avance et passe derrière un écran végétal d'une dizaine de mètres. J'en profite pour m'avancer rapidement et voûté vers le fossé. Je parviens derrière l'écran végétal sans être repéré. Le brocard avance et trottinant en suivant le fossé, une diarrhée verdâtre s'écoule de son arrière train. Je longe doucement le fossé sur une bande d'herbe encore bien verte qui amortit le bruit de mes pas. J'essaie d'avancer rapidement car le brocard gagne vite de la distance, il est à 45 ou 50 mètres. Je rattrape un peu mon retard à chaque fois qu'il s'arrête pour brouter mais il repars à chaque fois en trottinant et regagne du terrain. Il me faut faire attention de ne pas être vu en passant les passages où l'écran végétal s'interrompt. Alors que je suis à environ 35 mètres du brocard, ce dernier redresse la tête et regarde vers moi. Je reste voûté et immobile derrière un buisson. Au bout d'un moment, il se remet à manger. Je tente d'avancer un peu mais il redresse à nouveau la tête. Je me fige à nouveau, il se remet à avancer mais biaise pour remonter dans la colline mais se ravise au bout de 10 mètres environ pour revenir vers le fossé.

Le terrain devient bruyant et je tente de me décaler sur la gauche pour essayer de marcher sur la bordure de terre travaillée de la bande de champ qui longe le bosquet. J'avance doucement sur 10 mètres mais le sol est encore plus bruyant, je reviens sur la bande enherbée quand une tête de chevrillard surgit de l'herbe à 50 mètres devant moi et me regarde. Je me fige, il se lève et m'observe un instant. Le brocard l'a vu et regarde vers lui, je ne sais plus quoi faire et crains de faire partir le bocard si le chevrillard s'enfuit. J'attends sans bouger, le chevrillard finit par traverser tranquillement la bande travaillée pour rejoindre le bord du bosquet. Le brocard est focalisé sur lui. J'en profite pour m'avancer un peu. Le chevrillard s'arrête et me regarde, le brocard se remet à manger et ne s'occupe plus de son jeune congénère. Je gagne peu à peu du terrain, le chevrillard redémarre et rentre au bosquet. Tout doucement, je me rapproche du brocard mais l'écran végétal s'interrompt à 20 mètres du brocard au niveau d'un gros arbuste. Le brocard est de 3/4 arrière, je n'aurais certainement pas de meilleure occasion de tir. J'arme mon arc, vise, le brocard fait 2 pas et s'arrête à nouveau. Ma visée calée, je décoche mais il se tourne légèrement, ma flèche rentre très en arrière du cuissot et ressort très en arrière de l'autre côté. Le brocard pousse une espèce de cri ressemblant à un aboiement puis fonce vers le fossé où je le perds de vue derrière un écran de ronces 15 mètres plus loin. J'attends un peu après avoir réencoché puis repars en arrière pour trouver un passage pour traverser le fossé de 1,5 mètre environ de profondeur.

Je reviens ensuite doucement vers l'endroit du tir en suivant le fossé. Je retrouve ma flèche couverte de contenu intestinal foncé

Une belle approche pour un tir sanitaire, 18 septembre 2014

et les premières traces de sang.

Une belle approche pour un tir sanitaire, 18 septembre 2014

Je pars vers l'endroit où j'ai perdu le brocard de vue. Il est là, mort contre le bourrelet de ronces dans les ronces qui couvrent le sol.

Une belle approche pour un tir sanitaire, 18 septembre 2014

Ma flèche a certainement touché la fémorale pour tuer le chevreuil si rapidement avec une telle flèche. La sortie de flèche, juste devant le cuissot opposé a sorti une partie des intestins. J'appose le bracelet et appelle le président de la chasse pour l'avertir que j'ai fléché un chevreuil malade. Je remonte ensuite le brocard vers le chemin de terre qui longe la crête et le laisse derrière une haie pour venir le chercher en voiture tout à l'heure.

En longeant le chemin, j'aperçois en contrebas, dans le champ travaillé, derrière la bande de maïs qui descend vers le fond de la vallée, 2 chevreuils venant vers la bande de maïs. Je décide de tenter l'approche, je suis le chemin qui bifurque à 90° pour descendre sur 100 mètres environ avant de remonter vers la ferme. Je surveille les chevreuils qui s'avancent toujours vers le maïs, il ne semblent pas me prêter attention et j'avance tranquillement jusqu'à les perdre de vue derrière le maïs puis je quitte le chemin pour rejoindre la bordure du maïs en traversant une parcelle travaillée jonchée de restes de tiges craquantes de colza. Je tente d'avancer sans faire trop de bruit bien que les chevreuils soient encore loin et rejoins la bordure du champ avant de la longer pour redescendre en bas de la parcelle. Arrivé au coin du maïs, je bifurque et suis la culture. Le bas du maïs est bordé par une zone très humide, couverte d'herbes bien vertes et jonchée de coups de nez de sangliers qui se sont même baignés dans quelques flaques persistantes. La progression est assez silencieuse. Cette bande d'herbe se poursuit dans le champ travaillé sur environ 50 mètres par une zone d'herbes très hautes et très épaisses de plusieurs mètres de large qui se termine en pointe en suivant la zone humide. J'arrive doucement au coin du maïs et reste derrière les herbes hautes. 2 Chevrettes sont plantées à environ 50 mètres au coin du bosquet contre le maïs, elle regarde vers moi. Je les observe un moment puis pose mon arc, attrape une herbe et la coince entre mes pouces puis commence à imiter les plaintes du faon en soufflant entre mes pouces. Immédiatement, l'une des chevrettes vient vers la pointe d'herbes hautes. L'autre reste immobile et observe la scène. Je continue mes appels, elle s'arrête régulièrement pour regarder vers moi avant de repartir d'un pas tranquille. Elle se rapproche tranquillement mais biaise vers la pointe des herbes autres. Je rattrape mon arc alors qu'elle arrive à 30 mètres environ contre les herbes hautes. Je me prépare et accroche mon décocheur mais elle ne bouge plus pendant un bon moment avant de remonter en trottinant vers sa consœur. Elle la rejoint puis se retourne vers moi avant de longer un peu le bosquet pour atteindre un passage dans la lisière. Les 2 chevrettes rentrent au bois.

Je remonte doucement en suivant la bordure du maïs et rattrape la bordure du bosquet que je commence à longer doucement. Un bruit de pas se fait entendre sur les feuilles mortes. Il me semble qu'il y a au moins 2 animaux mais peut être plus et les pas semblent revenir vers la lisière, j'avance doucement pour tenter d'apercevoir les animaux au travers des trouées dans les branchages, les pas sont tout proches mais impossible de voir quoi que ce soit. Le bruit d'un moteur de tracteur semble se rapprocher. Les bruits de pas s'arrêtent net, je tente d'avancer encore un peu mais toujours rien, le tracteur semble descendre en suivant la bordure du bosquet devant moi. Il se rapproche de plus en plus quand 2 chevrettes surgissent de l'angle du bosquet à 40 mètres devant moi et traversent le champ travaillé pour rentrer dans le grand bois qui commence au fond de la combe et remonte le penchant de la colline à 50 ou 60 mètres sur ma droite. Le tracteur arrive au coin du bosquet et tourne pour suivre le fond du maïs, le long de la haie qui le sépare du tournesol. C'est le propriétaire qui passe le girobroyeur pour nettoyer les passages autour du champ et dans les passages de canon. Je décide de rentrer car la nuit sera vite là et ce raffut n'est pas fait pour me permettre de voir d'autres animaux. Je fais demi-tour et rejoins la bordure du bosquet que je suis contre le maïs pour remonter à ma voiture. Arrivé en haut, le tracteur arrive en même temps. je discute un peu avec le propriétaire qui semble avoir de gros problèmes de dégâts avec les blaireaux qui lui mangent ses récoltes. J'essayerai de lui en flécher quelques-uns si j'y tombe dessus. Je retourne à la voiture alors que le tracteur continue à tourner autour des maïs. Je récupère ma voiture et pars chercher mon chevreuil alors que la nuit s'installe. Il finira à la poubelle mais c'est aussi ça la chasse, elle doit parfois servir à éliminer les sujets malades même si ça me coûte un bracelet.

Une belle approche pour un tir sanitaire, 18 septembre 2014

Alex

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commentaires

cyril 26/09/2014 21:34

toujours la grande forme Alex
je vois au fil de tes récit que tu ne perd pas la main
déjà quel que temps que je n'ai pas commenter tes récit mais c'est juste par manque de temps je continu a visiter ton blog regulierement
bonne saison a toi cyril

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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