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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 00:00

Ce soir j'ai décidé de retourner chasser sur Justian. Jean Pascal, de passage dans le Sud-Ouest va venir chasser avec moi, il arrive vers 19 heures chez moi et le temps qu'il se change nous partons et arrivons sur place vers 20 heures. Je me gare près du village de Roques, au bord du chemin de terre qui rejoint Justian en prenant bien soin de me garer à l'ombre car Hémo va rester dans la voiture et il fait encore très chaud.

Nous nous préparons rapidement puis nous partons en longeant une petite bande boisée sur notre gauche et un grand champ de blé sur notre droite. Le terrain monte doucement vers le sommet du coteau. Un peu plus loin, le blé fait place à une vigne et une haie prolonge le bois pour nous séparer d'un semé de tournesol très en retard. Au bout de la vigne, la haie bifurque à 90 ° pour suivre la crête du coteau. Nous la longeons jusqu'à ce qu'elle s'interrompe puis quittons la vigne pour prendre à gauche à travers un semé se soja, vers un très grand champ de blé encore bien vert.

Nous nous dirigeons vers un petit bosquet qui s'avance dans la culture quand Jean Pascal reçoit un appel. J'attends qu'il finisse avec son téléphone mais il me dit de continuer et qu'il me rattrapera. Je le laisse donc au milieu du semé et me dirige tranquillement vers l'angle du bosquet quand il me semble apercevoir une tête de chevreuil dans le blé à environ 50 mètres mais je l'ai perdu de vue. Je me fige et attends un court instant. La tête du chevreuil réapparaît au-dessus des céréales. Je l'observe pensant d'abord à une chevrette mais alors que la tête se tourne plein travers, j'aperçois quelque chose de blanc entre les oreilles et finit par identifier un petit brocard.

Je décide de tenter l'approche, un petit bout de haie d'environ 10 mètres prolonge le bois à la limite du semé de soja et du blé. Je m'avance doucement vers le bout de cette haie pour observer le brocard. Je suis au coin de la haie quand, tout à coup, le brocard se fige et regarde vers le soja plus à ma gauche. Je me retourne et aperçois Jean Pascal qui arrive au milieu du champ tranquillement, il n'a pas compris que j'avais entamé une approche et je lui fais rapidement signe que j'ai repéré un chevreuil. Il se fige, met sa cagoule et se baisse doucement.

Le brocard reste un moment à regarder dans sa direction puis replonge sa tête dans le blé. Je passe doucement la haie et rejoins une bande enherbée bien verte entre le bosquet et le blé. Je commence mon approche voûté au maximum et m'arrête à chaque fois que le brocard lève la tête. Le sol et l'herbe verte sont assez silencieux et le chevreuil ne m'a, pour le moment, pas repéré alors que j'arrive à environ 30 mètres de lui. Le blé est assez bas et il progresse dans un passage de tracteur qui longe la bande enherbée à 5 mètres environ dans la culture et vient vers moi. C'est un petit 6 ou un 4 pointes qui ne dépasse guère des oreilles. La faible hauteur des céréales me permet de voir le haut de son corps. Je me baisse doucement et me positionne à genoux pour poursuivre l'approche.

Il se rapproche très doucement en broutant, je tente de me rapprocher, j'avance sur les genoux mais je suis du coup beaucoup plus bruyant car l'herbe frotte sur mon pantalon et le brocard commence à lever la tête et à regarder vers moi à chacun de mes mouvements. Je dois alors me figer un instant, comptant sur l'écran végétal du bosquet derrière moi et ma tenue camo pour ne pas être identifié. Je progresse ainsi doucement et finis par arriver à environ 18 mètres de l'animal qui se présente de 3/4 face. Cette position et la distance ne m'encouragent pas à tenter une flèche. Je décide de tenter de m'approcher encore d'avantage mais le brocard se retourne doucement et commence à s'éloigner en broutant tranquillement.

Je tente de me rapprocher encore un peu puis arme mon arc, le brocard qui était de 3/4 arrière bifurque maintenant et commence à traverser tranquillement la bande de blé entre le passage de tracteur et la bande enherbée. Il est à 20 mètres environ. Je le suis dans mon viseur et décoche alors qu'il semble vouloir marquer un temps d'arrêt mais il repart aussitôt et ma flèche arrive trop en arrière, le touchant au niveau de l'arrière du cuissot avec un bruit d'impact très sourd. Le brocard démarre et rentre dans le petit bosquet. J'arrive à le suivre du regard pendant un très court instant au travers des branchages puis il disparaît et le calme s'installe.

Je me redresse et regarde derrière moi, je ne vois pas Jean Pascal. Je commence à me diriger vers le lieu du tir sans trouver ni sang ni flèche. Je prends donc la direction de fuite jusqu'à l'entrée du bois mais toujours rien. Je contrôle au cas où toutes les entrées sur 20 mètres en bordure du bosquet sans succès. Je pars donc chercher à nouveau ma flèche. Jean Pascal me rejoint et je lui explique que je suis presque sûr d'avoir fait une atteinte musculaire. Je finis par retrouver ma flèche plantée au sol, près de la zone du tir, dans le blé. Elle est très peu marquée, très peu de sang mais des minuscules bouts de chair sur le tube et l'empennage. Mon impression était bonne, j'ai fait une atteinte musculaire et mes chances de retrouver l'animal sont quasi nulles.

Je laisse mon arc à Jean Pascal et rentre dans le bois par l'entrée supposée du brocard et trouve rapidement une première trace de sang sur le lierre qui tapisse le sous-bois,

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

rapidement suivie par d'autres.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Je ressors chercher mon arc et annonce le sang à Jean Pascal. Nous commençons à le suivre, la piste est assez faufile à suivre et a tendance à s'intensifier.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

La piste descend presque au plus droit vers le bas du bosquet, la descente avant le blé est bien marquée.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Elle ressort ensuite dans le blé.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Le sang marque assez haut sur les épis de blé

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

puis 2 ronds de gouttes nous indiquent que le chevreuil a marqué une pause.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014
2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

La piste rentre ensuite dans le blé et biaise vers une grosse haie qui longe un ru pour rejoindre à 200 mètres environ, sur notre gauche, un autre bosquet.

Nous suivons le sang peu abondant qui rejoint le bord de la haie puis la longeons un moment avant de bifurquer brutalement à gauche pour remonter vers les vignes au sommet du coteau. Cela fait environ 200 mètres que nous suivons le brocard. La distance s'accumule alors que nous avons fait environ 100 mètres dans la culture plus ou moins facilement car le sang n'est pas très abondant. Le chevreuil suit souvent un sillon mais en change parfois nous mettant en défaut un instant. Le champ est ponctué d'îlots plus ou moins importants d'avoine sauvage. 

Arrivés au milieu du champ, Jean Pascal me signale du mouvement devant nous. Occupé à regarder le sang juste devant moi, je n'avais pas remarqué qu'un animal se débinait devant nous. Le blé bouge mais rien ne dépasse et je pense immédiatement à un blaireau car ils sont nombreux dans le secteur et cette façon d'avancer en s'arrêtant régulièrement est typique de l'espèce. Je reprends ma recherche mais rapidement Jean Pascal m'annonce qu'il a vu le bocard. Je lève les yeux et l'aperçois qui se débine devant nous, il semble boiter mais ne se retourne jamais vers nous pour nous observer malgré ses nombreux arrêts.

Je le laisse sortir du blé, au bord de la vigne où je le perds rapidement de vue puis presse le pas pour remonter vers lui et gagner ainsi un peu de terrain. Je dérange un blaireau, le blé s'agite, il file, sans que nous puissions le voir et en s'arrêtant régulièrement, vers les terriers dans un petit bosquet à ma droite. Jean Pascal se décale vers le bosquet pour tenter de l'apercevoir au passage mais il a disparu, le blé ne bouge plus. Pendant ce temps, je continue à monter et retombe sur le sang avant de sortir du blé. La sortie des céréales est bien marquée mais le sang s'interrompt au bout de moins de 10 mètres sur la bande enherbée qui entoure la vigne.

Nous cherchons un bon moment sans succès puis je retrouve du sang au départ d'un rang de vigne mais impossible de trouver la suite de la piste. Je décide de laisser tomber et de revenir tout à l'heure avec Hémo. Nous redescendons à travers blé vers la haie que nous longions tout à l'heure puis traversons le petit ruisseau par un passage busé et remontons, entre un grand champ de blé et un semé de maïs, par un chemin de terre, vers un petit hameau au sommet du coteau. Je surveille le blé mais ne vois pas de chevreuil.

Je suis dégoûté car je sais déjà que mon chevreuil est perdu, j'espère juste qu'il va s'en sortir. Arrivés au sommet du coteau nous redescendons au bord d'un colza semence dont les passages de mâles ont été broyés. Je surveille les blés tout autour mais toujours rien. Nous arrivons au bord d'un autre petit ruisseau et le longeons pour retomber sur le chemin de terre. Jean Pascal, occupé avec son téléphone se laisse un peu distancer et j'arrive sur le chemin un peu avant lui. Je me cale au bout d'une haie perpendiculaire au chemin et qui sépare 2 champs de blé.

Un gros tas de bois a été entreposé près du chemin au bout de la haie, je m'avance un peu pour dépasser ce tas de bois quand j'aperçois du mouvement dans une touffe d'herbes hautes à environ 40 mètres contre la haie. Je me fige et observe un instant. C'est un chevreuil au gagnage, il me semble reconnaître une chevrette. Je signale sa présence à Jean Pascal puis tente d'attirer son attention en l'aboyant mais le chevreuil ne réagit pas malgré plusieurs appels.

Je décide de tenter l'approche sans trop prendre de précautions pensant toujours qu'il s'agit d'une chevrette. J'avance rapidement et arrive sans difficulté à moins de 10 mètres de l'animal. J'attrape mon appareil photo et continue mon approche mais alors que je ne suis plus qu'à 8 mètres environ et que je m'apprête à prendre une photo, j'aperçois des petits bois entre les oreilles. C'est un brocard. Je range rapidement mon appareil photo, encoche une flèche et m'avance encore de quelques pas vers ce brocard complètement inconscient du danger.

Je suis à 6 mètres, il est de cul mais avec son poitrail tourné à près de 90° du reste de son corps. J'arme et vise derrière l'épaule. Ma flèche part et frappe le brocard avec un bon bruit sourd suivit d'un bruit de bois. Le brocard démarre en trombe en longeant la haie mais donne vite des signes de fatigue. Ses pattes ne le tiennent déjà plus et s'affaissent sous son poids. A environ 30 mètres, il bifurque brusquement vers la haie et disparaît. Sûr de mon atteinte, je pars rapidement contrôler mon tir et retrouve ma flèche fichée dans une grosse branche et couverte de sang.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Je casse le trocart de la lame en essayant de la dégager et remets ma flèche au carquois.

Jean Pascal me rejoint et nous commençons la recherche, le sang n'est curieusement pas très abondant sur le départ mais la piste s’intensifie rapidement. La végétation est couverte de sang frotté

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

et de grosses gouttes jonchent le sol.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Nous retrouvons mon chevreuil mort sur le ventre dans le creux qui longe la haie.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

La flèche a entaillé tout le flanc jusqu'aux côtes avant de rentrer derrière l'épaule pour ressortir devant l'épaule opposée en traversant le haut du cœur.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

J'appose le bracelet puis ramène mon chevreuil sur le tas de bois où nous le laissons pour refaire un petit tour de repérage dans le colza avant de revenir le chercher et de retourner à la voiture. Jean Pascal porte mon arc et j'ai chargé mon brocard sur mes épaules.

Nous prenons la voiture pour nous garer près du semé de soja, Jean Pascal va m'attendre à la voiture pour dormir un peu car il est crevé et je pars avec Hémo pour tenter une nouvelle recherche. Nous débutons contre la haie en contrebas et Hémo prend vite le sang mais il avance trop vite et rate la remontée dans le blé puis finit par la prendre et commencer à tirer sur sa longe en donnant de la voix mais il va perdre la piste au même endroit que moi dans la vigne. Je fais avec lui le tour de la vigne pour tenter de recouper la direction de fuite mais sans succès, nous rentrons.

Cette saison commence mal, je ne pense pas que ma flèche soit mortelle mais, ce soir, un chevreuil blessé va passer une mauvaise nuit à cause de mon erreur de tir.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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